La vie à l'école

De 1937 a 1958, l'école du rang II d'Authier accueillit les élèves du rang désireux de s'instruire. Ces enfants devaient parfois marcher jusqu'à un mille et affronter les tempêtes hivernales pour se rendre à l'école, même avec leurs "p'tits rubbers" pas très chauds en hiver. On y accueillait des enfants de tous les âges puisqu'il n'y avait qu'une seule classe pour la première à la septième année. (Authier)

En entrant, on se trouvait dans le vestibule où des crochets étaient alignés sur deux murs pour suspendre son manteau. Il y avait un côté pour les filles et un autre pour les garçons. Une autre porte et voilà que l'on se retrouve au cœur de la classe.(Cinq Chicots)
Je me souviens des jours d'hiver où le vent soufflant du nord me figeait, m'engourdissait. Impuissant, mon poêle à deux ponts ne suffisait pas à combattre le froid. Les enfants devaient garder leur manteau, leur écharpe de laine du pays ainsi que leurs grosses mitaines, à l'intérieur de l'école. (Cinq Chicots)

Chaque famille devait apporter trois cordons de bois pour l'année au moment de leur choix. C'était un engagement à la bonne franquette. Parfois deux charges de bois nous arrivaient la même semaine puis plus rien. Ce jour-là, il en restait pour une partie des cours du lendemain. Par les élèves, je fis un appel aux parent, sans résultat. Nous avons manqué de bois.
Je me suis vue les mains tellement rouges et gelées que je ne pouvais tenir un crayon. Près du poêle, j'expliquais surtout et je préparais des leçons et des exercices à faire à la maison. Quand la situation était devenue intenable, le froid nous ayant transis de part en part, nous ne pouvions faire autrement que de clore la journée. En dernier essor, à ma grande déception, j'étais forcée de retourner les élèves à leur foyer.
Le lendemain, il y avait un monticule de bois près du hangar. (Antoinette Gilbert)
Note. Résumé par R. C. du chapître: Quand il n'y avait plus de bois.

Il faut dire que mon alimentation à l'école était plus que déficiente. Mes ardeurs au travail me laissaient peu de loisirs et encore moins de goût pour cuisiner. Aussi mes menus se limitaient souvent à du pain beurrée, assaisonné parfois de petits cornichons. (Vénérande Douville-Veillet)

Certains matin, au moment de faire un brin de toilette, donc de me débarbouiller un peu comme un chat de gouttière, je fus contrainte de casser la glace et y plonger la serviette dans une petite fontaine improvisée, pour effectuer mes ablutions matinales.
Un jour j'ai osé présenté un compte de 1,50$ à la Commission Scolaire. J'avais acheté un bassin en granit, un savon et deux essui-mains avec support. Nous pouvions mordre dans nos tartines avec des mains toutes fraîches sentant le bon savon.
Mais voici qu'un certain soir, à ma sortie de l'école, quelqu'un m'accoste ainsi: Vous avez présenté un compte de un dollar cinquante, vous n'auriez pas dû. Dans notre temps, nous autres, on se lavait jamais les mains avant le dîner et ça faisait pareil, on n'est pas mort pour tout ça! (Antoinette Gilbert)

Il y avait une corvée pour entrer le bois qui était dans le hangar. L'un ouvrait la porte, un autre cordait le bois en une seule rangée au bout du poêle près du mur. Cela se faisait lorsque la provision était épuisée. (Cap-Rouge, Lucienne Hardy)

Comme les enfants du temps étaient souvent nu-pieds, la maîtresse avait retourné à la maison tous ceux qui avaient les pieds sales pour les laver. Évidemment, moi et mes frères avions attendu à l'après-midi pour retourner à l'école. Alors, l'institutrice nous demande pourquoi nous n'étions pas revenus après le bain de pieds. On avait répondu qu'il avait fallu les faire tremper dans l'eau de Javel. (Pont-Rouge, Dolorès Bussières)

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