Ma carrière d'enseignant a commencé en 1955 dans des villages, à l'époque où les écoles de rang existaient encore. Après une formation dans un école normale de religieux (scholasticat), je fus étonné comment la façon dont j'étais dirigé par l'inspecteur et le curé, comment mon enseignement, mes méthodes et mon horaire ressemblaient à celles des maîtresses de rang. Certaines encore parmi elles n'avaient que 17 ans. Parfois, aucune formation pédagogique. Très "dirigées", elles apprenaient d'une collègue et sur le tas, avec ce qu'il y avait dans la classe que la maîtresse précédente avait quittée, probablement pour se marier: ce qui était en un sens pour elle une libération mais en fait c'était une autre vie encore plus dominée. Cette curiosité pour les écoles de rang fut aiguisée aussi par le fait que j'ai fréquenté la p'tite école dans mon enfance, l'école no 9 du rang 11 d'Inverness. Ce qui est montré et raconté là est nécessaire pour une bonne compréhension de la présente "recherche".
La vie dans les écoles de rang, racontée par des maîtresse, est souvent différente de celle racontée par ceux qui l'ont fréquentée. Tout en faisant la part des choses, j'y ai ajouté des textes de mon cru.
Le personnage
d'Émilie Bordeleau, dans Les filles de Caleb, a fait revivre
l'époque lointaine des écoles de rang. Le journaliste
Jocelyn Desjardins nous rappelle que la première a vu le jour en
1829, avec l'adoption de la loi sur les écoles de fabrique, et que le
Québec en a compté jusqu'à 6 000 à une certaine époque. Il a aussi
rencontré pour nous des élèves et des enseignantes qui nous racontent
comment s'organisait la vie autour de ces écoles de rang. Ce fichier
RealAudio est un rare document à conserver dans ses archives. Enregistrez-le. Il couvre bien
tout le sujet. Écoutez
Les écoles de rang
( Fichier RAM, 15 min. environ. Radio-Canada, Janv. 1999)
Raoul Carrier, 14 mars 1999
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depuis le 26 nov.1998