De 1948 à 1955, j'étudiais à l'orphelinat ou au scholasticat. De 1955 à 1957, j'enseignais dans des villages. Aux yeux de mon père et de certains de mes frères, j'étais un paresseux. Durant l'été 1956, au temps des foins, je suis allé aider mon frère Marcel. Avec une fourche, je chargeais le foin sur le quatre-roues, tâche à laquelle je n'étais pas physiquement préparé. N'ayant jamais travaillé au soleil, j'avais la figure et les bras plutôt pâle et les biceps un peu flasques. Marcel s'est moqué de moi et m'a traité de famelette. Cette mentalité, qui persistait dans certaines régions, se retrouvait un peu partout au 19ème siècle.
Si par une concession pour le moins inattendue, le père voulait bien accepter de se voir priver des quelques bras que lui fournissaient ses enfants, pour les observer se faire la main à un crayon, qui paierait ce "fainéant" à s'amuser avec les enfants. (Jacques Dorion)
Les conditions précaires de certains habitants s'apparentaient à une très grande pauvreté.
Le cas de Jean-Baptiste G. de St-François de Pabo, en 1933, ne serait pas unique.
Il doit 6,25$ en taxes qu'il ne peut absolument pas payer. On le notifie
qu'il sera saisi. Il a une vache qui est la vie de ses enfants en bas âge.
Ils n'ont rien à manger et presque rien pour se vêtir, comme le montre le texte qui suit
rapporté par Jacques Dorion:
Je veux donné ma terre à saisir j'aime mieux faire saisir ma tere
que ma vache voudrait vous par charité me dire si le hussier Jos Duguay de Ste adelaide pense refuse de saisir ma terre et me dire
aussi si il pense saisir nos patates répondez moi et dite moi au juste la verite...
faite cela pour l'amour de Dieu car ma pauvre femme est près que folle de pleure pour sa vache.