NOTES par Raoul Carrier

Les herminettes représentent l'un des plus vieux outils utilisés par l'homme. Les autochtones utilisaient une herminette constituée d'une pierre tranchante ou d'une lame d'acier attachée à un manche en bois par des lanières de cuir. Les herminettes furent très utilisées comme outils de menuiserie: construction navale, tonnellerie, mobilier, sculpture.
Le Musée Jadis Allevard, un musée de vieux outils en France, expose de vieilles herminettes.
Nos ancêtres les utilisaient pour creuser les augets mais aussi pour creuser les auges à cochons (qui font aujourd'hui d'excellentes boîtes à fleurs) et les auges d'étable qui servaient d'abreuvoir pour le bétail. Ces auges pouvaient mesurer jusqu'à 10 mètres et utilisaient un arbre presque au complet. Ils étaient placés devant les stalles (les ports). Chaque étable en comptait deux ou trois et devait contenir en permanence de l'eau fraîche.
Les autochtones avaient souvent recours à des feux contrôlés pour creuser l'intérieur de leurs pirogues. Ils enlevaient ensuite le bois brûlé à l'herminette. On aplanissait le fond de la coque à l'herminette et on dégrossissait l'intérieur avec une herminette de tonnelier.


Le Caribou est une boisson traditionnelle faite d'un mélange de vin rouge et d'alcool, de nos jours consommée surtout pendant les périodes de réjouissances (carnaval, fêtes, parties de sucre, etc.). Une bouteille de caribou. Du petit caribou. Prendre un petit coup de caribou, un petit verre de caribou pour se réchauffer. Cette boisson, autrefois de fabrication domestique, est commercialisée sous ce nom par la Société des alcools du Québec depuis 1976.









Des éclats de cèdre servent à allumer le feu.
Un éclat de cèdre servait également à allumer la pipe des fumeurs, à la maison comme à la cabane. L'éclat était allumé dans le feu du poêle. Ça remplaçait les allumettes.








La coulée des érables se déroule en deux étapes: une phase d'absorption pendant les nuits froides et une phase d'exsudation lors du réchauffement de la température. Pendant les nuits froides, la température des fines branches, aux extrémités de l'arbre, s'abaisse au-dessous du point de congélation provoquant le gel de la sève. Le noyau de glace ainsi formé attire la sève vers le haut de l'arbre et assèche les entailles. Lors du réchauffement des températures, le lendemain, la sève congelée redevient liquide et descend par gravité vers les entailles
Les gros chaudrons d'autrefois servaient à la fabrication du sirop et du sucre d'érable: ils avaient bien d'autres utilités. L'une des plus curieuses: la préparation du savon du pays ou savon d'habitant. Il fallait de la graisse d'animaux et du caustique Gillette (Hydroxyde de sodium ou Potasse toxique). "Autrefois on faisait boucherie avant les principales fêtes de l'année. On gardait l'intestin [...] du porc vidé de son fumier et on le gelait. Après l'hiver, on le faisait cuire dans la lessive. [...] La graisse flottait, l'intestin était cuit. On perdait rien dans ce temps-là. On faisait figer ça dans un seau de bois. Après on pesait la graisse; c'est prêt pour faire le savon!" (Mme Jeanne Ouellet, Sainte-Louise)
Voici la
recette détaillée de cette fabrication.
Il y avait aussi le savon de potasse.
On sait que la potasse était fabriquée avec de la cendre que les pionniers tiraient des abattis qu'ils faisaient brûler. La cendre contient des sels de potasse. Ils étendaient cette cendre sur laquelle ils laissaient pleuvoir. L'eau de pluie dissolvait les sel de potasse. Ils recueillaient cette eau et la faisaient bouillir dans des chaudrons avec des corps gras pour produire le savon de potasse qui se vendait si bien en Angleterre au début du régime anglais.
L'histoire du rang 9 de St-Damien
Le rang 9, rang des Cascades, ou Coulée du 9. Son ruisseau le descend précisément en cascades.
Quel attrait pouvait donc inciter les défricheurs, les "gens d'en bas" (de Berthier, de Maskinongé) à s'établir au 9? Il semble que ce soit ses belles érablières qu'ils venaient faire "couler" au printemps avec un outillage bien rudimentaire: "goudrelles" en cèdre, auges en bois ou en écorces de bouleau, grande baille pour l'eau d'érable avant l'ébullition.
En plus d'être un régal, le sirop formait un revenu d'appoint si la saison était bonne. Encore aujourd'hui, certaines érablières sont exploitées de façon artisanale. La première à l'être commercialement à Saint-Damien est celle de Rolland Roberge, depuis 1972.
Vinaigre d'érable.

D'après un fabricant expérimenté, il est possible de faire, par 1000 arbres entaillés, de 25 à 30 gallons d'excellent vinaigre, avec des matières que l'on jette généralement. On peut ajouter à cela en certaines années une quantité considérable de sève de bourgeon (eau de sève) qui ne ferait pas du bon sucre. Pendant la fabrication, on devrait avoir un baril à portée pour recevoir le sirop dégouttant des ustensiles, filtres, bouilloires, etc., ou les eaux ayant servi au lavage. On arrivera ainsi, à la fin de la saison, à avoir mis de côté un bon nombre de gallons.
À une température modérément fraîche (environ 50 degrés F.) il se produira peut-être spontanément, dans le baril, une fermentation alcoolique, ce qui est la première phase essentielle à la fabrication du vinaigre. Il est préférable cependant d'assurer la fermentation en ajoutant un peu de levain. Un pain ou deux de levure comprimée feront très bien l'affaire; on peut aussi servir de raisins secs.
Une fois la fermentation alcoolique achevée (il faut environ deux semaines), le contenu du baril doit être soigneusement filtré dans un baril de vinaigre. On y ajoute une petite quantité de bonne "mère" ou du vieux vinaigre, ou les deux à la fois, et l'on place le baril sur le côté, dans une chambre, à la température de 70 degrés F. environ.
On appelle "mère de vinaigre" la peau visqueuse qui se forme à la surface du vinaigre. Elle est formée d'une masse de bactéries qui convertissent l'alcool en acide acétique, l'acide caractéristique du vinaigre.
Pour obtenir de meilleurs résultats, il faut ajouter au baril une quantité de vinaigre égale à 1/10 du volume du liquide alcoolique. On doit avoir soin de débarrasser préalablement des anguillules et mouches de vinaigre. Il suffit pour cela de filtrer à travers une étamine, une flanelle ou un filtre.
Il y a deux conditions qui favorisent la production du vinaigre, ce sont l'air et la chaleur. La meilleure méthode est de mettre le baril à moitié plein sur son côté, dans une chambre chaude, en ménageant une bonde de chaque côté, de façon à provoquer un courant d'air au-dessus du liquide. Pour empêcher les mouches de pénétrer, on recouvre les bombes de mousseline ou d'ouate que l'on a soin de tenir toujours bien sèche, ou d'un fin grillage d'un métal verni.
La sève que l'on veut transformer en vinaigre doit être réduite par ébullition à 1/7 de son volume environ, puis traitée de la manière que nous avons décrite pour les eaux ayant servi au lavage des ustensiles de la sucrerie.
Pour la fabrication du vinaigre en grandes quantités, notamment chez les marchands de produits d'érable, on peut activer la fabrication en faisant égoutter lentement le liquide alcoolique à travers un baril de copeaux de hêtre propres que l'on imprègne préalablement de vinaigre chaud pour leur inoculer des bactéries d'acide acétique.
Comme goût, le vinaigre d'érable est de beaucoup supérieur à la plupart des variétés de commerce, et il est regrettable qu'on ne l'emploie pas plus généralement. Une bonne partie du vinaigre vendu au Canada comme "vinaigre de vin blanc" est fabriquée dans des distilleries avec de l'alcool pur, et devrait plus justement s'appeler "vinaigre d'alcool". C'est un produit absolument sain, mais de mauvais goût comparé au vinaigre d'érable, de cidre ou de malt.

Référence:

DOMINION DU CANADA, MINISTÈRE FÉDÉRAL DE L'AGRICULTURE,
L'INDUSTRIE DU SUCRE D'ÉRABLE AU CANADA,
BULLETIN No 2 B.
par J.B. SPENCER, B.S.A.
Traduit au Bureau de traduction du Ministère.
Publié par ordre de l'honorable Martin Burrel, Ministre de l'agriculture.
OTTAWA
IMPRIMERIE DE L'ÉTAT

1913