Deuxième époque : 

L'arrivée des colons - 1700

Les premiers colons apprirent des Amérindiens la fabrication du sucre d'érable.

Aux environs de 1800, l'habitant se contenta de substituer des pots de fer ou de cuivre aux récipients d'argile ou d'écorce et il continua à entailler les arbres à la hache. Armé d'une gouge, il fichait au-dessous de l'entaille une petite goutterelle de bois, de manière à ce qu'elle pût recevoir l'eau sucrée suintant de l'arbre et la laisser tomber goutte à goutte dans l'auge placée directement au-dessous. 





Cliquer sur l'image l'agrandit.

La goutterelle était en fait un éclat de cèdre de six à dix pouces de longueur. Le colon transportait ensuite la sève jusqu'à un point central, dans des seaux ou baquets, à dos d'homme, au moyen d'un joug ou bricole. Les raquettes étaient indispensables. Il faisait bouillir la sève dans de gros chaudrons de fer suspendus à une brimbale de bois ou étemperche, une crémaillère improvisée faite de branches d'arbres. 

 

Dans Les Rapaillages, l'abbé Lionel Groulx se rappelle les sucres de son enfance, vers 1885: "... les longues et interminables soirées de la sucrerie, alors, qu'assis au bord de la crémaillère devenue très rouge dans la nuit, nous attendions, en surveillant les grandes marmites, l'achèvement du sirop."

 

Sans abri, exposés au soleil, à la pluie ou à la neige, aux cendres et à la fumée, aux feuilles, aux mousses et aux morceaux d'écorces balayés par le vent, les produits d'érable obtenus de cette façon rudimentaire avaient un goût fort, une couleur foncée, et leur qualité était très variable. Une vieille photo hypertexte (cliquable) illustre cette époque.

 

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Textes : Raoul Carrier

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22-07-2010