Les LessardCoulés dans le sirop d’érable |
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Le Soleil, 24/07/2005 |
Par Pierre-André Normandin |
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Richard Lessard tient dans ses bras sa relève, Magalie. André Lessard n’est pas peu fier de savoir la tradition familiale entre bonnes mains. Magalie ne le sait pas encore, mais de la sève d’érable coule dans ses veines. Seul indice, peut-être, la fillette de quatre ans ne se lasse pas de lécher un bâton de bois recouvert de tire d’érable, été comme hiver. |
La petite aux longs cheveux bruns est la dernière « recrue » des Lessard. La sixième génération d’une longue lignée de producteurs de sirop d’érable. Même si elle n’a que quatre ans, Magalie participe déjà aux activités de l’érablière familiale. Lorsque les soirées battent leur plein et que le violoniste se déchaîne en tapant du pied, la petite se fait un point d’honneur de prendre deux cuillères pour battre la mesure.
Jetant un regard circulaire sur la salle de réception puis sur sa fille, Richard Lessard n’est pas peu fier de voir qu’il a déjà de la relève. L’homme qui gère l’Érablière du Lac-Beauport a lui-même suivi les traces de son père, Joseph, qui a acheté cette cabane à sucre avec son frère André en 1989.
Le duo relançait ainsi une
tradition familiale qui a bien failli s’éteindre lorsque leur père,
Philippe, a dû se départir de son érablière de Saint-Victor de
Beauce en 1963.
À l’époque, les cabanes à sucre n’avaient évidemment pas la même vocation festive qu’aujourd’hui. « Ils s’en servaient pour faire des provisions de sucre. Ils n’avaient pas le sucre blanc dans ce temps-là », dit André Lessard.
Mort au début de la quarantaine, José lègue sa propriété à son fils Joseph. Les visiteurs de l’Érablière du Lac-Beauport peuvent d’ailleurs voir la photo de cet acériculteur de seconde génération qui pose fièrement avec son fils, Philippe. C’est celui-ci qui prendra à son tour la relève.
Tradition menacée
La tradition cesse pratiquement d’exister lorsque Philippe doit vendre l’érablière en 1963, six ans à peine après l’avoir modernisée.
Élevés dans le sirop, ses deux fils, André et Joseph, n’en feront jamais leur deuil. Rêvant de reprendre le flambeau, ils achèteront ensemble une cabane à sucre à Lac-Beauport en 1989. Malheureusement, leur père, qui meurt en 1987, n’aura jamais la chance de voir ses fils relancer la tradition familiale.
« Je rêvais d’avoir une érablière
et je voyais celle-ci à chaque fois que je venais faire du ski », dit
l’adepte du Relais. Lorsqu’une affiche « À vendre » apparaît
devant l’établissement, la décision n’est pas longue à prendre
pour André et son frère.
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2012-02-19