[NI004]
Quand elle a rencontré Joseph, elle travaillait dans une manufacture de Lawrence, Massachusetts, comme << weaveuse >>. Ce n'était pas ce qu'on pouvait appeler une carte de mode, elle n'était pas fière du tout, mais elle était d'agréable compagnie. Mais elle était très travaillante. C'est d'ailleurs elle qui voyait à la ferme. Elle pouvait faire boucherie elle seule, et vlan un coup de masse dans le front d'un boeuf. Elle disait souvent qu'elle aurait le loisir de se reposer une fois morte.
Elle tenait aussi un petit dépanneur dans sa maison de la Grande Ligne.
Laurent Bégin
Entre le 3 février 1907 et le 24 février 1928, Exélia eut 16 enfants:
12 filles et 4 garçons. Une moyenne de presque un par année.
10 sont nés en hiver dont 5 durant le mois de février.
Toutes les filles étaient vivantes jusqu'au décès de Régina
le 29 mai 1981. Au moment où j'écris ces lignes (7 avril 1999)
9 des filles sont encore vivantes et sont toutes âgées entre
71 ans et 90 ans.
Autrefois, lorsque ces douze filles ou femmes se rencontraient,
c`était pire que dans un poulailler: elles parlaient fort, en même
temps et avaient tant de choses à se raconter. Mon père Ls-Philippe
trouvait ces rencontres difficiles à supporter, même si elles n'étaient que
trois ou quatre... Il y avait Hilaire qui trinquait alors avec lui
et le beau-père Jos, un peu hautain, qui représentait pour lui
certains interdits difficiles à oublier. Certaines, surtout
ma mère Régina, qui a dû vivre loin de ses soeurs,
tentait en ces moments précieux de reprendre le temps perdu.
Elles étaient toutes assez jolies, quelques-unes délicates.
Raoul
[NI005]
Louis-Philippe Carrier fut de la race des pionniers. Il était dur à
l'ouvrage, capable. Certaines circonstances, révélées par Isidore
Bégin, son beau-frère, l'amenèrent à s'établir sur une terre de
roches située à Inverness, dans la côte de la chapelle. C'est Joseph
Carrier, son père, qui acheta cette terre. Ce dernier se rendait à
chaque printemps à la cabane à sucre d'une connaissance
(Dollard Vaschon) ,près de Leeds.
Il n'y avait pas d'érablière sur sa ferme de St-Isidore. Il demanda
donc à son ami de Leeds si sa terre était à vendre.Il répondit que non,
ajoutant qu'il y en avait une à vendre à Inverness, dans le rang 11,
avec une belle cabane à sucre neuve dessus et des sources d'eau
abondantes qui desserviraient possiblement Ste-Anastasie, selon
le vendeur un peu crasseux qu'était Albiny Samson, qui pouvait mettre
n'importe qui dans sa poche, même un notaire, selon Isidore Bégin.
Il consentit à vendre les sources avec la terre, pour quelques milliers
de dollars de plus. Cette bonne eau de source, glacée même en juillet,
se perd dans le décor, aujourd'hui encore...
C'est là que s'installèrent les nouveaux mariés. Ls-Philippe aurait
répondu à son père qui réclamait son dû: T'as seulement à la reprendre,
ta terre de roche! Roger était présent lorsque l'oncle Isidore osa enfin
raconter ces faits, après les funérailles de tante Laura, le 6 février 1993.
Il y éleva ses dix enfants. Jamais on ne manqua de nourriture, mais
pour le reste, on n'était pas gâté, au milieu de voisins anglais, loin
du chemin, à six milles du plus proche village, repliés sur nous-mêmes:
la seule chance d'éducation nous venait de la petite école du rang
située à plus d'un mille. Même là...
Je cite le témoignage suivant que j'extrait du Journal de l'école no 9
d'Inverness pour l'année scolaire 1944-1945. C'est un extrait du
rapport annuel que composa Alice Laflamme, excellente institutrice
de 20 ans d'expérience, alors. Dans la liste des 16 élèves, 4 des
enfants à Philippe: Roger, Marcel, Claude et Raoul. Voici l'extrait:
"Ce digne Visiteur (M. Henri Bessette, inspecteur) constata qu'il
existait ici une déficience générale... M. l'Abbé Augustin Paré, Curé
de Ste Anastasie, est venu le 24ème jour d'octobre... Il me conseilla
d'avoir pitié d'eux et d'être indulgente pour mes chers élèves, car,
disait-il, ils n'ont guère eu de chance depuis quelques années...
Jeudi le 22 mars 1945, j'eus la visite de M. le Secrétaire et de
M. Desruisseaux. Ces Messieurs venaient enquêter sur les défections
de la classe. Ils constatèrent que ce n'était rien. Donc on avait gelé
pour rien... Pas un enfant ne savait jouer aux cartes les jours de
tempête je leur ai montré et une petite fille de six ans (Jeannine
Fiset) joue aussi habilement que les grands."
Je pense que sur sa terre de roche, Philippe en a arraché et nous aussi.
Ce que, je crois, nous permit de mieux apprécier les petits bonheurs
de la vie.
Cette année-là, Alice Laflamme fut souvent malade, elle avait mal aux
oreilles, entre autres. De son propre gré, elle nous fit la classe le
samedi, pour reprendre le temps perdu. En juin 1945, le dernier jour
de classe, un commissaire vint remettre à l'institutrice le reste
de son salaire annuel de $300. Une partie manquait. Nous vîmes alors
cette maîtresse d'école, digne et honnête, pleurer devant ses élèves.
Raoul Carrier, 27 mai 1993.
Sur une photo prise après le mariage chez Joseph Bégin, avec l'aide
de Ls-Philippe, de Régina, d'Isidore Bégin et de Béatrice Carrier,
vers 1978, j'ai identifié les invités au mariage présents sur cette
photo, soit 40 personnes dont une non-identifiée.
Joseph Bégin, Exzélia Gagné (Mme Joseph Bégin), Hélène Carrier
(Mme Wilfrid Guay), Béatrice Carrier, Marie Aubé (Mme Ferdina
Brochu), Edmond Peltchat, Napoléon Bouffard, Hilaire Bégin,
Herménégilde Carrier, Joseph Charron, Amanda Blanchet (Mme Thomas
Bégin), Thomas Bégin, Wilfrid Guay, Ls-Philippe Carrier, Régina
Bégin, Donat Carrier, M. et Mme Arthur Brochu, Laura Bégin,
Maurice Larose, Mme Joseph Larose, Aimé Carrier, Rose-Anna Morin
(Mme Aimé Carrier), Raymond Guay, Thérèse Bégin, Germaine Bégin,
Rose Bégin, Hélène Bégin, Simone Bégin, Paul-Emile Bégin (Sur
les genoux de son père), Huguette Bégin (Sur les genoux de sa mère),
Julienne Bégin, Bérénice Bégin, Rosaire Bégin, Pamphile Bégin,
Victorine Bégin, Gertrude Bégin, Madelaine Bégin, Irène Pomerleau.
Raoul Carrier, 30 mai 1993.
Raoul se retrouve le seul de la famille à posséder un lopin de la terre
natale, un boisé de forme triangulaire, situé vis-à-vis du bien
paternel, de l'autre côté de la rivière Bécancourt, entre la terre
d'Ephrem Gingras et de Joseph Gagné (en 1936).Raoul y construisit un chalet en 1975. L'histoire de ce terrain mérite, je crois, d'être
racontée ici car il révèle la persévérance de Ls-Philippe à
revendiquer ses droits.
Donc, dans le milieu des années trente, Ephrem Gingras décide de
bâtir sa grange. Il constate sur le contrat de sa terre que son
lot 1383 est limité par la rivière et comprendrait le boisé en question
où poussent les plus belles épinettes du coin, parfaites pour le
colombage de sa grange. Il passe du rêve à la réalité et abat les
résineux convoités.
Philippe raconte les faits au notaire Tétreault qui prépare deux actes
notariés. Le premier est daté du 16 juillet 1936. Henry Thomas Wilton,
ancien propriétaire de la terre, rentier à Monroe dans l'état du New-Hampshire, de passage à Inverness,vend cède et transporte à Philippe
Carrier un morceau de terre situé au nord-est de la rivière Bécancour,
connu comme étant une partie du lot 1383, dans le coin nord-ouest du dit
lot, qui pouvait être comprise dans la partie sud-ouest du lot primitif
vingt-deux du onzième rang du canton d'Inverness. Ce terrain appartient au dit vendeur par bons titres de propriété enregistrés et comme représentant feu Georges Wilton lequel était propriétaire de toute la moitié sud-ouest du lot primitif no vingt-deux
du 11ème rang d'Inverness.
Cette vente est faite à l'acquéreur comme successeur en titre de Armand Lambert, Albiny Samson et Joseph Carrier. Le vendeur déclare que lorsqu'il a vendu à Armand Lambert c'était son intention de vendre tout le terrain qu'il possédait sur le onzième rang mais que par erreur le lot
1382 seul fut mentionné. Le présent contrat est ainsi consenti à Philippe
Carrier de manière à compléter son titre de propriété.
Le vendeur déclare que lors de sa vente à Armand Lambert il était propriétaire de ce terrain depuis plus de quarante ans, et que son père et son grand-père en étaient propriétaires avant lui depuis plus de cinquante ans. (Acte no 4577 des minutes du notaire Gaston Tétreault).
Fort de ce contrat, le notaire somme Ephrem Gingras de payer à Philippe
$200. pour chaque épinette coupée ou de consentir à lui vendre ce
terrain pour un dollar. Ainsi pris au piège, il accepte de vendre.
Le deuxième acte notarié se signe donc le 12 août 1937. Ce contrat de vente se fait pour compléter les titres au dit Philippe Carrrier, étant donné que les titres sur le lot 1383 comprenaient le lot entier sans réserve.
Cette vente est consentie pour le prix d'un dollar ($1.00) payé comptant
et dont quittance finale. (Acte no 5049).
Il faut mentionner ici que Marcel Carrier gagea $100. que Philippe Carrier n'a pas acheté ce terrain d'Ephrem Gingras pour $1.00
Il dut se résigner, lui aussi, à payer cette gageure faite à Raoul.
Claude et Yvon en furent témoins. Une photo mystérieusement tachée
de peinture argentée témoigne de cet incident.
En 1974, Philippe offre ce terrain à ses enfants. C'est alors que Raoul
achète ce coin enchanteur. La vente est faite pour le prix de $200.
que le vendeur reconnaît avoir reçu comptant de l'acquéreur, dont quittance totale et finale, acte fait et passé à Plessisville, en
l'étude du notaire Jean Tétreault sous le no 14081, le 19 avril 1974.
Le vendeur étant marié avec Dame Régina Bégin sous le régime de la
communauté légale, sans contrat de mariage, Régina, présente, signa à la suite de Philippe sous le nom de Mme Régina Bégin Carrier.
Il faut aussi mentionner qu'une partie du terrain fut louée pour 99 ans
ou jusqu'à la mort du locataire à un type de Québec qui avait ses entrées
à l'hôtel St-Roch. Il y fit construire un chalet, abandonné dans les
années quarante. Des choses pas catholiques s'y passèrent. Philippe,
à l'occasion, en eut connaissance... Le Curé de la paroisse, discrétement, s'y serait quelques fois défoulé... La bagosse coulait
à flot, tout ça égayé par la présence de quelques jeunes et belles
créatures de Québec.
Par Raoul Carrier, 1er juin 1993.
[NI008]
En l'an mil neuf cent cinquante-huit le vingt-troisième jour du mois
de septembre, devant Mtre Gaston Tétreault, notaire à Inverness, ont
comparu Philippe Carrier, lequel vend à Marcel Carrier cultivateur
une terre de cent quarante-trois acres, lot no 1382, située dans le
canton d'Inverness, avec toutes les bâtisses, le roulant, les animaux,
les instruments aratoires, les outils, les voitures d'été et d'hiver,
les harnais, la récolte de foin et de grain, le tracteur, le grément de sucrerie et tous ses accessoires, tout le bois coupé, et tout ce qui sert
à l'exploitation de la ferme, pour la somme de dix mille dollars.
Le vendeur est propriétaire pour avoir acquis de Joseph Carrier par
contrat de vente fait le 21 mai 1935 devant Mtre Gaston Tétreault, notaire, enregistré le 23 mai 1935 sous le No.76483.
Extrait du contrat de vente enregistré le 24 sept.
1958 sous le No.100793.
[NI009]
Mon frère Claude est décédé aujourd'hui dimanche le
20 décembre 1998 à 17 heures. Il fut hospitalisé
d'urgence ce matin et est arrivé inconscient à
l'hôpital de Victoriaville. Durant la nuit précédente,
il se sentit très mal mais refusa d'aller à l'hôpital.
Il faisait une crise cardiaque, je crois. Il fut, dès
ma tendre enfance mon copain de jeux dans le
pic de sable ou dans la neige. Nous jouions avec tout
ce qui nous tombait sous la main. Pousser un vieux "ring"
d'auto avec un bâton nous faisait courir longuemement.
Une vieille bottine devenait un camion: qu'on en a fait
des bruits de moteur et des voyages!
Il fut le premier de mes rares amis. Il m'a accompagné
durant toute mon enfance.
Il avait le privilège unique de se faire photographier sur la galerie
de notre humble maison par son parrain Hilaire Bégin.
J'en étais un peu jaloux, et pas le seul!
Raoul
[NI013]
Bachelier en philosophie de l'UQUAM.
En 1993, écrit une thèse de maîtrise, littératures étrangères,
Université de Montréal.
[NI015]
Après ses études en littérature et en journalisme à l'Université
Laval, fit durant quelques années du journalisme écrit à Baie
Comeau.
[NI016]
Fut décoré de l'Ordre de l'excellence de la C.E.C.Q. en 1959.
S'intéressa beaucoup à la botanique. Il aimait se dire disciple
du Frère Marie-Victorin. Enseigna les sciences naturelles de
1967 à 1980. L'observation des oiseaux fut son passe-temps
favori. En janvier 1948, quitta l'école du rang pour l'orphelinat
du Mont-Villeneuve. En 1949, se découvrant une vocation religieuse,
entra chez les F.E.C. à Ste-Foy où il fit son petit noviciat, son
noviciat et son scholasticat. En 1955-56, enseigna à Loretteville
comme religieux. Le chapître de la communauté, constatant chez lui
un manque de ferveur, l'obligea à retourner dans le monde profane.
Il croyait en Dieu mais en un Dieu humoristique dont le passe-temps
est de s'amuser créer des êtres variés, innombrables et bizarres.
Après les avoir inventés, Il les laisse se débrouiller et s'en
amuse infiniment. Ce Dieu semble jouer aux dés avec un assortiment de
gènes et ce qui en résulte est pour le moins étonnant...
[NI017]
André demeura dans sa famille jusque vers l'âge de 10 ans.
Il comprenait tout ce qu'on disait mais ne pouvait parler
malgré tous ses efforts. Il disait pa, pas apable.
Il suivait ses frères partout et il était toujours content.
Son corps fut donné à la science.
Un service funèbre eut lieu en l'église Ste-Anastasie
le 16 février 1983.
[NI022]
Travailleuse infatigable
Régina enviait parfois ses soeurs qui avaient un meilleur sort,
surtout Bérénice, la religieuse. Je crois que la vie lui fut souvent
pénible, une vie de dévouement, d'acceptation de sacrifices sans
nombre dans l'espoir de récompenses dans une autre vie...
Elle s'est occupée de nous, un peu comme une chatte s'occupe de
sa portée. Ne connaissant pas d'autres bonheur, elle ne pouvait
en juger. De nous voir contents lui suffisait..
Je transcris ici un texte révélateur, écrit la moitié de sa main et
le reste, par Bérénice, sous sa dictée, en 1978. Elle ne conserve,
je crois, que les souvenirs heureux...
"Le 29 août 1928, s'unissaient pour la vie Philippe Carrier et Régina
Bégin. Ce fut une belle journée ensoleillée. C'est la première d'une
famille de 16 enfants qui quittait la maison paternelle. Son père
était un peu indécis de donner sa Régina, car il désirait la garder
jusqu'à 21 ans au moins. Ils partaient pour un pays lointain. Au bout
de quelques semaines, ils se sont adaptés vite à leurs nouveaux
voisins. Ils se sont mis à l'oeuvre à leurs devoirs d'état car au
bout de quelques mois naissait leur fils aîné Réal qui fut la grande
joie de ses parents, et ses nouvelles tantes surtout.
Chaque printemps malgré un dur travail c'était le temps des sucres
lorsque toute la famille passait d'heureux moments soit pour aller
recueillir de l'eau d'érable, pour faire un bon sirop, et aller manger
à la cabane en allant porter le diner quelques fois le souper, et
prendre quelques bouchées en sa compagnie. Le jour de Pâques arrivait, où l'on fêtait en compagnie de quelques voisins, et souvent la parenté
venait participer à ces fêtes.
Lorsque arrivait le 1er avril papa passait une nuit sans dormir
certain pour trouver des tours pour faire courir tous les gens de la
maison surtout maman qui était facile car elle avait tant de choses à
s'occuper sa maisonnée de 10 enfants encore bien vivant, ça demandait
beaucoup de couture, tricot et popote.
Lorsque le temps des fêtes arrivait papa se préparait à l'avance en
fabricant des boissons alcooliques. Ils se levaient de bonne heure, afin de faire la randonnée du voisinage papa se réchauffait ce qui lui
donnait de l'entrain même de chanter, sa seule chanson,"Chez nous ont fait un festin".
A Saint-Isidore leur banc était l'un derrière l'autre à l'église mais quand ils se sont parlés pour la première fois maman avait 18 ans. C'était à une veillée chez Antoine Bégin. Maman était accompagnée de quelqu'un d'autre mais accepta de jouer aux cartes avec papa et ils passèrent la soirée ensemble. Leurs fréquentations commencèrent qui on duré deux ans. Pendant l'hiver papa allait travailler 5 mois dans les chantiers et venait faire un tour aux fêtes. La première demande en mariage se fit à la fin de juin 1928 mais M. Bégin refusa de donner la main de sa fille tout de suite il voulait encore la garder un an. Le lendemain papa alla s'enrôler dans l'armée de la Citadelle de Québec. Maman eutsa première peine d'amour qui dura une journée car en revenant de Québec le soir Laura alla arrêter sa voiture au chemin et ils se
fréquentèrent de nouveau. Avec l'aide du député du comté papa a réussi
à briser son contrat d'un an avec l'armée. M. Bégin accorda enfin la
main de sa fille et ils se marièrent le 29 août 1928.
Papa aimait bien faire courir le poisson d'avril il réussissait presque toujours d'ailleurs. Maman se faisait prendre à chaque année en voici un.
" Ils étaient déjà en retard pour partir pour la messe et papa lui
demanda d'aller soigner une moutonne malade parce qu'il n'avait pas le
temps. Maman prépara en vitesse le remède et coura soigner sa moutonne
malade. C'était sur une glace vive entre la maison et l'étable. Elle
trébucha plusieurs fois avec sa bouteille de remède dans sa hâte
d'aller la soigner et partir au plus vite pour aller à la messe. Au
moment où elle arrivait à la porte de la bergerie il lui cria Poisson
d'avril. Avec son sens de l'humour maman ne se choqua pas mais elle ne
ria pas non plus".
En voici un autre qu'il fit courir à oncle Gilles et Raymond Guay.
Ils étaient venus aider dans le temps des sucres. Ils trayaient les
vaches le matin du 1er avril. Papa arriva et leur dit de laisser faire
les vaches et d'aller chercher la carabine à la course à la maison
parce qu'il a vu un beau renard dans le jardin. Ils furent obligés de
retourner une 2ème fois à la course à la maison pour aller chercher les
cartouches. En apprenant que c'était un poisson d'avril oncle Gilles
furieux tira plusieurs fois en l'air.
Il a joué un très vilain tour à tante Laura et Hélène qui étaient
aussi venues dans le temps des sucres. C'était Pâques au matin papa
alla chercher de l'eau de Pâques mais pour leur jouer un tour la mêla
avec autre chose dont elles doivent se rappeler très bien.(De la pisse)
Elles se lavèrent la figure et les mains en se frictionnant très fort car dans ce temps l'eau de Pâques c'était miraculeux. Papa n'avait rien à son épreuve et elles avaient raison de ne pas être de bonne humeur.
P.S. Après leur mariage ils restèrent un mois chez M. Carrier parce
que papa devait finir les récoltes avant de monter à Inverness.
Ils partirent un matin de bonne heure et arrivèrent le soir ça
n'allait pas vite en" buggy " et le ménage suivait dans un quatre roues
conduit par oncle Gilles. Ils s'y installèrent pour trente ans
ensuite ils déménagèrent à Lyster où ils vivent depuis vingt ans.
Qualités (bon coeur et générosité, volontaires et tenaces travailleurs
acharnés.)
Par Raoul Carrier, 27 mai 1993.
[NI026]
Je suppose que Joseph Bégin devait être très fier de l'aîné de ses garçons, un petit blond frisé aux yeux bleus et au regard pénétrant. Quelle a du être grande la déception, quand à peine âgé de trois ans et demie, le bambin fut victime de poliomyélyte. Mais cet handicap ne pourra jamais empêcher ce joueur de tours à l'imagination fertile, de franchir joyeusement les étapes de sa vie.
Il marchait en boitant fortement ce qui l'obligeait à faire preuve d'imagination lorsqu'il voulait suivre les autres enfants de son âge. L'hiver lui fournissait l'occasion de se déplacer en traîneau à chiens, soit pour se rendre à l'école du rang, soit pour visiter les alentours immédiats. Je crois même qu'il allait visiter sa soeur Laura, qui était maîtresse d'école dans le haut de la Grande Ligne, peut-être l'a-t-il même véhiculée à bord dudit traîneau ? Il abandonne l'école après la quatrième année, plus fertile en taquineries qu'en réussite scolaire. Il obtint le permis de conduire une voiture automobile à l'âge de quatorze ans, il avait déclaré avoir seize ans. Il devint dès-lors le chauffeur du nouveau et premier camion de son commerçant de paternel.
Il était très attaché à ses frères et soeurs qu'il visitait de façon régulière, pour ne pas dire intensive. Les enfants de Laura, enfin les trois ou quatre plus âgés, le voyaient arriver non sans une méfiance justifiée, car il les taquinaient sans relâche, jusqu'à les faire pleurer de râge ou d'épuisement. Son ''gag'' préféré consistait à leur demander si leur mère cachait toujours ses culottes dans la boîte à pain. Je suppose que les enfants de Régina avaient droit au même traîtement, pendant ses longues visites à Lyster. Mais il savait aussi les gâter en les promenant avec son automobile. Il en a charroyé et pas un seul à la fois des neveux et nièces, à gauche et à droite, probablement pour se faire pardonner vous savez quoi... Combien de fois a-t-il demandé aux gamins qu'il croisait: ton père ''a-ty'' un fusil ? Mais il ne se contentait pas seulement d'étriver les enfants. Il y a de ses beaux-frères à qui il est arrivé de perdre patience après avoir été une de ses victimes. Il a même failli se faire étouffer par Délipha (Joseps-Edmond) Turcotte, à qui il avait fait perdre patience pour une ennième fois. Je ne sais si c'est ce Dimanche, où il avait déposé un portefeuil vide sur le trottoir, après avoir pris soin, bien sûr, de camouffler la ficelle à la quelle il l'avait attaché. Quand le pauvre, ça c'est au sens figuré, Délipha s'est penché pour ramasser l'objet, le taquin tire sur la ficelle, et déclenche par la même occasion la colère du fermier du Grand Rang. Il a souvent mûri ces tours, confortablement assis sur une berceuse, placée dans le solarium de la gallerie avant de la maison du grand-père au village.
Je me souviens aussi d'un bon tour qu'il a joué par l'entremise de l'auteur de ces lignes à Marcel Guay. C'est le premier avril qu'il m'envoie dire à l'oncle, qu'une vieille voisine malade était tombée de son lit et la fille de celle-ci, réclâmait de l'aide pour remettre la vieille au pieu. Voilà Marcel qui sort à toute vitesse de son magasin général pour porter secours à la malheureuse... Comme le magasin était à portée de vue de la chaîse berçante, ça a dû être encore assez jouissant de voir les grandes jambes de Marcel, se faire aller en direction de la maison de la vieille madame Goulet. La liste de ses victimes serait trop longe à énumérer ici car il pratiquait l'art de la taquinerie avec une assiduité quotidienne.
Je vous ai confié plus tôt son grand attachement pour sa famille, mais vous n'avez pas idée à quel degré celà pouvait se manifester. Il considérait même comme parents, la famille de Georgiana Larochelle, première femme de Jos Bégin. Un de ces Larochelle, qu'il appelait affectueusement ''mon oncle Georges'', habitait une humble petite maison de Saint-Lambert de Lévis. A chaque fois que ses déplacements l'ammenaient par là, il en profitait pour s'y arrêter quelques minutes.
Il a toujours été le photographe le plus assidu de la famille Bégin. Ses nombreux clichés révèlent d'ailleurs un bon talent pour cet art. Pendant toute la période où il est resté célibataire, et même après s'être marié, sa petite boîte noire de ''Codak'' le suivait partout. Sa spécialité, je vous le donne en mille, ben voyons, la photo surprise!
Son métier de chauffeur de taxi et de camionneur l'a aidé à développer un sens aigu de la conduite de ces véhicules moteurs. Cependant malgré le fait qu'il fût un conducteur prudent, il a quand même eu quelques aventures malheureuses. C'est en revenant de la ville, où il était aller chercher Benoît Guillemette à la gare centrale, qu'il passa dans une petite mare d'eau et perdit le contrôle de la voiture à la sortie du pont de Québec. Benoît arrivait des chantiers pour assister aux funérailles du grand-père Bégin, en début décembre. Aux dires de Benoît, qui avait eu le temps de saisir les deux gallons de vin qu'Hilaire rammenait pour des gens de Saint-Isidore, le chauffeur n'était pas tout à fait à jeun sans être ivre cependant. Ce fût la dernière fois qu'il goûta au divin breuvage. Il y goûta une ou deux fois à mes noces et à un repas des fêtes, vers la fin de sa vie. Oh, insulte suprème, il avait graffigné la peinture de son ''CHAR'', il jura qu'on ne l'y reprendrais plus, et il tint parole.
Devait se marier à Montréal (Westmount), mais il a changé ses projets parce qu'il jugeait que le curé de Westmount était trop snob.
Malgré le handicap qui était le sien, il a pris soin de sa famille. Maman dit qu'il a toujours été bon pour elle, il était un homme doux, même un peu rose.
(vente et achats de terrains)
# 1. 15/11/1945 Achat du lot 442 de Lionel Laliberté.
14/07/1959 Vente .......... à Albertine Lemieux Larose.
# 2. 23/07/1960 Achat du lot 257 de Georges-Omer Parent.
# 3. 30/11/1978 Testament qui cède le lot à Marie-Clarisse Gendreau.
# 4. 28/04/1960 Achat du lot 341 ( 1 partie ) de Emile Gendreau.
10/11/1970 Vente ....................... à Louis-Philippe Boutin.
_______________________________________________________________
----- Original Message -----
From: laurent begin
To: raoul carrier
Sent: jeudi 25 février 1999 00:58
Subject: Hilarité
Cher Raoul,
Voici un souvenir que je veux partager avec nos branchés. Je te le confie. Si le texte nécessite correction je t'en prie, exécute-toi avant de le diffuser. Je n'ai que peu de temps libre à consacrer à autre chose qu'à l'attention que je dois porter à ma femme. Mon espoir de la voir triompher de la maladie s'estompe peu à peu à force de la voir dépérir. Ma foi en une vie après la mort me permet de vivre ça d'une manière calme. Y'a de ces jours qui sont plus ternes, à vrai dire ils sont en fait assez nombreux depuis les trois dernières années. Malgré tout, je suis convaincu que la vie vaut la peine d'être vécue. J'ai pris note de ton idée du site web Gospel on french horizon, je finirai bien par trouver l'occasion pour aller me faire instruire à Charlesbourg. Je t'aime et bonne lecture...
Poison d'Hilaire
Laissez-moi vous faire le récit d'une vraie Hilarité. Je vous transporte en l'an de grâce 1956, grâce à un petit coefficient Espace-Temps. L'événement se produisit lors d'un printemps hâtif, le premier jour d'avril, à une heure imprécise dans mes souvenirs. Il faisait beau et chaud depuis des jours et la neige était complètement disparue des rues du village.
Assis sur la véranda vitrée de sa modeste maison, un homme dans la fleur de l'âge encourageait le roulis de sa confortable berceuse. Tout en chantonnant du Grégorien ou encore un air de la Bonne Chanson, il mijote un projet saugrenu qui va sans aucun doute ajouter une victime de plus à son tableau de chasse. Évidemment que ce chauffeur de taxi, mondialement connu de tous les gens de son village natal, l'est encore plus intimement de ses anciennes victimes. Il voit dans sa mire un beau-frère à faire souffrir...
Il me confie discrètement le scénario qu'il vient d'inventer et lorgne du côté du magasin de Jos. L. Guay. Il me l'explique dans des termes qu'un bambin de cinq ans peut comprendre sans obligatoirement en saisir le sens profond. "Tu vas aller voir ton oncle Marcel à son magasin. Dis-lui que la vieille madame Goulet est tombée en bas de son lit et que sa fille Maria demande son aide pour replacer l'aïeul sur sa paillasse". Vous devinez déjà le dénouement de l'histoire: le pauvre marchand, aux jambes en échasse, court en coup de vent à la maison voisine et fonce tête baissée vers l'escalier menant au deuxième étage.
C'est alors qu'il se fait réveiller par le cri d'une vieille fille apeurée qui se demande bien ce qu'un mâle vient faire dans son sanctuaire. Au même instant, la maudite face haïssable s'affiche toute souriante dans le cerveau de sa victime et provoque subito presto une réaction incontrôlable. Un juron s'échappe alors de sa bouche tremblante, comme un savon mouillé l'aurait fait d'entre des doigts humectés.
Ça s'appelle se faire prendre les culottes à terre, la zoune pendante !
La petite paroisse de Saint-Isidore de Dorchester est bien jolie mais elle n'est pas à l'abri des commérages et la nouvelle de l'événement se répandit aux alentours du clocher, comme une traînée de poudre. Qui va se faire pointer du doigt à la sortie de la grand-messe du dimanche matin, hein, qui? Aïe! Aïe! Aïe!
Un gamin de six ans court moins vite que son oncle de vingt-six ans mais suffisamment pour le suivre à l'extérieur du magasin et lui lancer un joyeux "Poisson d'Avril mon oncle!". Et voilà Hilaire un peu déçu du demi succès que remporte l'entreprise: mon cri trop hâtif en a gâché le dénouement. Si seulement il avait pensé ajouter: "Lorsque ton oncle sortira, ne bouge pas et attends-moi dans le magasin. Je vais t'acheter un chocolat et on va rire un bon coup". Il est peut-être heureux que j'aie fait partiellement avorter ce tour pendable ourdi par mon paternel. Qui peut présumer du genre de réaction que cela aurait pu provoquer chez un gaillard de six pieds ?
Pour connaître la suite de l'histoire, je devrai questionner tante Madeleine. Pour maintenant, c'est tout ce dont je me souviens de cet épisode.
Laurent Bégin
(Texte légèrement révisé par Raoul Carrier le 25 février 1999)
[NI028]
Rose De Lima Begin Pelchat
Oui, le calendrier indiquait bien un 27 avril en 1909
lorsque j'ai vu le jour sur cette terre. Il y aura de cela
plus de mille trente-deux lunes en avril 1995.
Deux soeurs me precdaient: Laura et Regina. Mes parents
m'ont concue aux Etats-Unis, a Lawrence, Maine.(Prob.Massachuset?)
Mais Je suis nee dans le rang de la Grand-Ligne, au numro 78.
Maman Exlia avait dit mon pere Joseph Begin: "Si tu veux
avoir des enfants comme cela, je veux les elever sur une
terre au Canada. Joseph a donc achete une terre d'un denomme
McCaffry au retour des Etats.
Maman Exelia Gagne venait de St-Bernard Dorchester et
elle aimait assez la terre pour en tirer sa subsistance. J'avais
donc quatorze mois lorsque mon pere achete une maison
Saint-Lambert, de Louison Couture, pere de Napolon Couture qui
etait marie a Rose-Anna Pelchat, soeur de Camille Pelchat. J'en
deviendrai parente par alliance. Cette terre etait voisine
d'une grosse maison appartenant un denomme Arthur Svigny.
La construction de cette maison ne fut jamais termine.
Vers l'age de neuf ans, la fin de la guerre 1914-18, on revient a
St-Isidore. Maman n'aimait pas voir roder ses enfants sur
le bord de la rivire Chaudiere. Papa decide d'acheter une terre
dans le bas de la Grand-Ligne. Cette terre appartenait a un
denomme Cyrille Francoeur. Comme papa n'aimait pas la terre,
il se fait commerant. Maman s'occupe de la ferme: traire les
vaches, soigner les nombreuses poules, faire boucherie, et, selon
les saisons, faire le savon du pays. Papa achete le beurre a la
beurrerie Saint-Isidore. D'abord en voiture a cheval, il va vendre
le tout Breakeyville et Levis. Puis, quand Hilaire a quatorze ans,
on lui achete un camion. Avec ou sans permis... il est le chauffeur
designe. Ce n'etait pas facile de conserver tous ces aliments sans refrigrateur. Papa revenait de la ville avec du sucre et de la
farine pour les gens de St-Isidore. ( peut-etre meme de la boisson sur la demande de certaines de ses connaissances )
A treize ans, je me retrouve a Quebec, Rue du Parloir, chez les
Ursulines. Je travaillais pour ma pension et soeur Saint-Henri nous
donnait des cours de catechisme un jour par semaine. Je reviens a
la maison en juin, soit le 10 juin 1924, pour etre la marraine
de mon frere Paul-Emile. En septembre, je continue mes etudes
l'ecole modele de Saint-Lambert. La premiere annee, on est
14 filles pensionnaires et on se fait la cuisine. L'anne suivante,
je demeure chez oncle Georges Larochelle. J'aidais ma tante Adelia
qui relevait d'une operation. A la fin de l'anne, la maitresse
nous presente a l'examen et nous echouons toutes les huit: elle
n'avait pas vu le questionnaire auparavant! Septembre suivant,
je me retrouve au couvent de Saint-Isidore. Mere Saint-Pierre
nous enseigne la couture. Durant l'automne, je voyage en voiture
avec Juliette Proulx. Durant l'hiver, nous sommes pensionnaires.
Septembre arrive. J'enseigne a l'ecole que j'avais frequentee
etant jeune. Berenice et Rosaire sont dans ma classe. Il y a deux
classes divisions multiples. Cecile Parent enseigne aux petits
et moi aux grands. J'ai 28 eleves de la quatrieme la sixieme
annee. Je voyageais a pieds. Je recevais 250$ pour l'annee. Selon
la coutume de l'epoque, je n'en voyais pas la couleur! La paie
de juin etait moindre. La commission scolaire envoyait un montant
pour le fond de pension. Suite a ma demande, en 1992, je fais
les demarches necessaires et je retire 10$, sans interet, montant
que j'avais paye 65 ans auparavant. Les cours duraient de 09:30
a 15:30. Je dinais a l'cole. Le matin, il fallait allumer le
petit poele a bois: ce n'etait pas chaud. La toilette etait au
bout d'un long corridor, a l'exterieur, au froid. Parfois on
gardait deux ou trois envies ensemble, pour ne pas se faire geler
le precieux ou la precieuse...
Mon premier ami ou chum... etait un nomme Fredrique Plante de
Saint-Lambert qui vit encore en 1995. J'avais alors 17 ans.
Il venait une fois la semaine, le dimanche, en voiture a cheval.
Il m'a frequent durant un an et demi. Un beau dimanche apres-midi,
on allait, en groupe, avec le camion d'Hilaire, a la benediction
des cloches de Saint-Gilles de Lotbiniere. On devait prendre Frederique devant l'eglise de Saint-Lambert ou il avait rendez-vous avec moi.
Papa etait assis a l'avant du camion et en voyant Frederique,
il dit Hilaire: Passe droit... Ce fut la fin.
Sur l'entrefaite, Laura sortait avec Donat Carrier et Regina avec
Philippe Carrier. Pour une fete, Philippe demande son cousin
Edmond de m'accompagner. a dbute. Mais Edmond avait une blonde
qu'il aimait bien. Elle travaillait chez le docteur Daniel Gagne
Saint-Isidore. Elle venait de la Beauce. Son pre tant dcd,
elle invite Edmond a prendre la terre avec elle. Il refuse. Selon
l'expression du temps, c'etait se faire enculotter... Edmond vient
le dimanche et les bons soirs. Apres deux ans, on parle de mariage.
Papa disait: "Faut pas que a traine." En hiver, Edmond va au
chantier, comme de raison, je recois des visiteurs...
Au retour d'Edmond, les aspirants disparaissent. Edmond avait
25 ans, tres serieux. Il avait hate de se placer. Son pere
lui vend une terre au numero 115 de la Grande-Ligne. Son pere
avait achete cette terre de M. Georges Rouke. Le mariage double
sera celebre le 26 d'aout 1929, neuf heures, un lundi matin.
Il n'y avait pas de mariage en apres-midi et encore moins le
samedi ou le vendredi, ce jour-la etait maigre. Comme je n'etais
pas en age (21 ans) il a fallu deux publications. Donc, Joseph
Isidore Guillemette et Laura, puis Edmond Pelchat et moi, nous
nous marions le meme jour. Papa avait requisitionne les 11 autos
de la paroisse: Jos Turgeon, Napolon Bouffard, Esdras Drouin,
l'auto et le camion a Hilaire, etc.
Le diner se fait a la maison paternelle, du poulet si je me
souviens bien. Chacun avait devant lui une bouteille de liqueur.
On etait environ 75 au repas. De la boisson, il y en avait,
mais pas trop visible... On passait le p'tit verre avec le flacon
ou la cruche... aux deux heures, pas d'abus. Edmond et Camille
etaient Lacordaire. Il y a danse a l'exterieur en apres-midi.
Le souper pour nous est chez mon beau-pere Camille Pelchat,
sur la terre de Raoul Pelchat rue Ste-Genevive (1995). On a
danse. Alyre Pelchat jouait de l'acccordon. Je ne me souviens
pas avoir eu de tours pendables. Comme on couchait chez Marie-Anne
Pelchat et Jean-Marie Bouffard (maries de trois ans), Marie-Anne
avait pris soin de ma valise, pour ne pas faire coudre ma jaquette...
Les noceurs ayant passe la nuit, viennent nous reveiller le matin...
On passera trois jours chez Camille Pelchat. Eugenie, la soeur
d'Edmond a douze ans et Huguette ma soeur a un an et demi.
Comme on se marie pour le meilleur et pour le pire, le meilleur
tant passe, je me retrouve 20 ans femme de cultivateur:
7 vaches a traire matin et soir, 12 poules de maman, 2 cochons,
3 ou 4 moutons, deux chevaux: Puce, cheval de route et Kate
pour le travail. En poche, cinq dollars. Comme revenu, une paie
de beurrerie toutes les quinzaines.
Sur une terre, il faut des bras, selon la coutume. Edmond va en
avoir, une paire par annee: Raymond, Marc, Rene, Georges, Andre,
Denis. Ils naissent tous en automne. Imaginez au temps des foin
en juin-juillet, moi aussi j'avais mon voyage. ce moment la, la
nature me force prendre mon souffle: une sevre hemorragie. J'ai
failli y passer. Je suis hospitalisee a Charny. Edmond avait une
grande confiance en Ste-Anne. Il fait un plerinage a pieds a la
chapelle de Ste-Anne de Ste-Marie de Beauce. Le cure et Edmond me
laisse un peu de repi... Viennent par la suite Rollande, Laval qui
decedera de la jaunisse apres 19 jours. S'ajoutent Isabelle,
Armand, Marielle, Paul et Maurice.
Durant ces annees, Edmond, avec son frere Noel, il ira travailler
dans une carriere a St-Romuald. Ils partent en train le lundi
matin pour en revenir le vendredi ou le samedi soir. Je lui fais
de la nourriture pour la semaine. Raymond 12 ans est le "boss"
sur la ferme. ca ne lui en donnera pas le gout: il ne sera jamais
cultivateur. Un bon jour, Marc ira en voiture a cheval porter un
voyage de bois St-Romuald.
Le pretre nous disait: "Vous vous mariez pour le meilleur et pour
le pire." Celui-ci m'a visite plus souvent qu'a son tour. Vers la
fin de novembre, en 1947, Edmond transporte un voyage de fumier
sur notre terre a bois en haut de la Grande-Ligne (c'est le nom
de notre rang). Il en ramene un voyage de bois. En chargeant sa
"sleight" double, la bote le blesse a la tete. Il aurait pu
perdre connaissance. Il monte dans la voiture. Les chevaux partent.
Ils s'arrtent chez Noel en passant. Surpris, Noel s'en occupe
et le ramene a la maison. Au depart, il etait a trois milles de
chez nous. Il faisait tres froid. Le docteur vient et le lendemain
il est ransporte en auto a l'hopital de Levis: une meningite aigu.
Plus de trois mois de repos. Comme ce fut le cas pour Laura,
la mort nous visitera. Raymond et Marie-Claire Rheaume, son epouse,
decedent accidentellement le 22 octobre 1959. On garde leur bebe
de deux ans. La meme anne, en mars, Edmond etait alle a la messe
avec Paul lors de la fete de St-Joseph. Au retour, la tempete
de neige fait rage. Sur la route, un snowmobile (Adrien Drouin)
les depasse. Le cheval a peur et la voiture se renverse. Edmond
est tombe entre les lisses et les chenilles de la machine: il en
sort un bras et une jambe casses. Encore six mois au repos force.
Il ne retrouvera jamais ses capacites. Quand tu es cultivateur et
que cela arrive, c'est terrible. Sur une terre, veut veut pas, il
faut des bras.
En 1963, nous vendons notre terre pour aller demeurer au village,
a l'ombre du clocher paroissial. Edmond ne manquait pas sa messe
quotidienne. Au village, Edmond a travaille a l'usine de liqueur
de St-Isidore. Pour ma part, j'aide madame Maurice Brochu, malade,
a faire l'ordinaire de la maison. Ensuite, j'ai travaille au
presbytere plus de 12 ans. Ce repos bien meriet sera de courte
duree. Avec son premier cheque de pension, Edmond va voir le
docteur. Il lui annonce qu'il a le cancer de l'estomac. Il en
mourra en juin 1969, 67 ans, encore jeune.
1988, je demenageais au HLM rue Albert St-Isidore. Puis, mon
autonomie diminuant, je fais mon entree au Pavillon Parent au
134 rue St-Jean. Enfin un peu de bon temps avant le grand Voyage.
Repas fournis. J'ai tant cuisine dans ma vie avec si peu de moyens
confortables, je peux me payer du bon temps. De tous mes enfants,
un seul demeure St-Isidore: Marc. Les autres vivent a Montral
(Legardeur, Charlemagne), Granby, Beauport, Levis, Toronto,
Edmonton.
Je remercie le Bon Dieu de toutes les joies qu'il m'a apportees
et la force qu'il m'a donne pour supporter les epreuves. Je suis
contente de ma belle famille.
Votre Grande Soeur Rose.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Une visite à Rose eut lieu en présence de Louisette, Denise et Denis Peltchat, le 16 avril 1999, quelques jours avant son anniversaire Elle aura eu 90 ans, le 27 avril.
Au pavillon Parent, vers le milieu de l'après-midi, elle jouait aux cartes avec Denis et Denise. Nous la vîmes en entrant. Elle nous accueillit de son son large sourire discret et généreux. «C'est Raoul, le garçon à Régina » Juste avant, elle avait confié qu'elle aimerait bien que Régina vive encore. Cette coïncidence ajouta encore à la surprise ! «Ma vie n'a pas toujours été rose.» Mais vous êtes toujours la même Rose, lui répondis-je.
Nous nous assîmes devant elle, la regardant dans les yeux, et lui parlant fort en direction de son oreille droite. Elle est dure d'oreille ! Quand elle parlait, nous nous gardions bien de l'interrompre. Elle nous parla du passé, de la Grand-Ligne. Puis de l'énigme de la fameuse valise !
Régina cousait tous nos vêtements d'hiver dans du tissu de vieux manteaux qu'elle décousait. Un certain automne, elle attendait impatiemment une grosse valise de linge usagé qui devait arriver à la gare de Lyster. "Philippe, informe-toi pour la valise." Parfois, c'était un gros coffre en bois. D'après certains, ce coffre de la survie venait des États ou de Québec, de gens riches et généreux. Cette affaire risquait de rester secrète pour toujours. J'ai joué ma dernière carte en questionnant Rose sur le sujet.
« Mon père Joseph Bégin, comme on le sait, commerçait et faisait du troc au marché de Lévis, entre autres. Il vendait et échangeait parfois des produits de la ferme avec du linge usagé, des manteaux surtout. Il avait ça des buverons. "Si vous n'avez pas d'argent, donnez-moi du linge ».
L'indispensable valise tant attendue provenait tout simplement de St-Isidore, de la famille de Régina. Une bonne partie du vieux butin était récupérée à Lévis.
En retourant à Québec, Louisette et moi décidons de passer par la Grand-Ligne. Quittant le village, nous tournons à gauche pour prendre ce rang qui conduit à St-Lambert. La troisième maison à gauche , c'est là que se trouve la terre de l'ancêtre Joseph Bégin : une rangée d'épinettes à gauche de l'entrée.
Denis nous avait dit de surveiller le pont sur la rivière Le Bras. « Après avoir passé le pont, surveillez la septième maison. Sur la façade de la grange, de grandes peintures naïves représentent notre ancienne maison, l'église de St-Isidore, quelques autres maisons, une voiture à cheval dans un rang. »
C'est là que Rose et Edmond vécurent leurs bonheurs et leurs peines. C'est maintenant une garderie.
Un peu plus loin, sur la droite, j'ai retrouvé la ferme de Joseph Carrier où mon père Louis-Philippe naquit, à un peu plus de quatre kilomètres de la maison des Bégin. Rose et Régina se sont mariés avec des gars du voisinage, selon ce qui se faisait à l'époque.
Raoul Carrier en ce 18 avril 1999
[NI030]
Germaine ou ( la Mène ), comme ses soeurs et frère l'appèlent affectueusement est le septième enfant de cette famile de seize garçons et filles. Née a Saint-Lambert, elle fût baptisée a Breakeyville a cause d'un épais verglas qui obligea son père a choisir l'église la plus rapprochée. Sa tendre enfance se déroule sans histoire si ce n'est que le déménagement vers Saint-Isidore. Elle fait ses études primaires sous la férule de sa soeur Laura, démontrant un goût particulier pour le français. Germaine demeure avec Laura a l'école durant l'hiver, beau temps mauvais temps l'institution demeure ouverte pour y acceuillir la joyeuse marmaille de la Grande Ligne.
La vie de famille chez les Bégin passe par toutes sortes de travaux, Germaine n'est pas tout spécialement portée vers les tâches de la ferme et doit donc aider a nettoyer, frotter, ranger la maison. Elle participe aux foins en "foulant" le voyage sur la charette craignant a chaque instant que Bérénice ou Thérèse lui piquent les jambes avec leurs fourches. Pas surprenant qu'elle jure de ne jamais èpouser un fermier.
D'entente facile elle déteste la "chicane", préférant ricaner en taquinant frères et soeurs. Pas très agile elle ne réussit pas a apprendre le maniement de la bicyclette malgré tous les cour particuliers que lui prodiguent les gars du rang. Elle se vangera cependant, beaucoup plus tard, au guidons de son tricycle en faisant la course au p'tits jeunes dans les rues de Saint-Etienne ou elle habite toujours en 1996.
Vers l'âge de 12 ou 13 ans elle écrit a son parrain fortuné afin qu'il l'aide financièrement a poursuivre ses études, pas de réponse..., elle va travailler chez les Ursulines de Québec en tentant de poursuivre quelques études. C'est trois ans plus tard qu'elle décroche un emploi comme domestique chez le Dr. Laliberté, un bonhomme très exigeant, qui lui permet une grosse demi-journée de congé par semaine. Lors de ces congés ou certains soirs elle se rend chez sa tante Rosalie pour une rencontre de famille.
Germaine fit la rencontre de son futur mari Armand Boutin alors que celui-ci agissait comme chauffeur pour Roland Sévigny, les " Bons Soirs "
pendant ses fréquentations avec Hélène. C'est le 15 Septembre 1938, sous une pluie battante, qu'ils se promirent fidélité. Le voyage de noces eut lieu dans les Etats Unis. Les deux ans et demi qui suivirent virent la naissance des trois premiers rejetons. C'ent est trop et ils décident de faire chambre a part, pas pour longtemps cependant. Il s'écoule alors cinq ans et demi avant qu'un quatrième rejeton s'ajoute a la petite famille puis un autre cinq ans pour la naissance du dernier. Assez c'est assez et on ferme boutique.
Après le décès d'Armand, elle se mérita le surnom de "Veuve Joyeuse", elle ne laissait jamais paraître ses humeurs. Qui sait, c'est peut-être ça qui harponna son Louis.
[NI031]
Tante Julienne a ete sous certains aspects une seconde mere pour plusieurs de ses neveux. Presque tous les etes elle en acceuillait un soit pour apprendre l anglais soit pour aider aux travaux de la ferme, ou bien pour aider Michel et Denis a conserver la langue francaise. Depuis le deces de son mari, elle n
[NI032]
[NI033]
Paul-Émile Bégin, un autre bon joueur de tours à ses heures, faisait exécuter les tâches exténuantes par des plus petits et plus jeunes que lui. Parlez-en à Robert et Benoît Guillemette qui se dépêchaient d'écurer l'étable pour avoir le bonheur de déguster une cigarette roulée par le ''Grand Paul'' et se faire rouler par la même occasion. Le 4 juillet 1995 s'est coupé l'index gauche avec sa scie à chaine en voulant couper un rondin à son chalet de Saint-Paul Du Bûton.
[NI037]
[NI038]
Devrait avoir un lien de parenté avec le Cardinal Bégin.
[NI052]
Durand, Jeanne
[NI053]
Jeanne Durand, fille de Martin Durand et de Françoise Brunet, vit le jour vers 1655 à La Tour-du-Chatel, ville de Quimper-Corentin, évèché de Cornouailles, en Bretagne. Après la mort de son père, Jeanne et sa soeur Françoise vinrent au Canada en compagnie de leur mère. Celle-ci convola en secondes noces avec Théodore Sureau, dit Blondin, le 8 novembre 1663, à Québec. Sureau vivait dans la seigneurie de Lauzon à une dizaine d'arpens de Louis Bégin. Pour démêler l'écheveau, précisons que Françoise Brunet décéda le 20 juillet 1668.
[NI054]
Méloque, Anne
[NI056]
De Quimper, diocèse de Cornouailles, Bretagne.
[NI059]
Cassé ou Lacasse.
[NI062]
[NI065]
[NI067]
Lien de parenté avec Georges Larochelle de Saint-Jean-Chrysostôme.
[NI104]
Michel Bégin participa à la bataille de Carillon, livrée le 8 juillet 1758. Le chirurgien Arnoux, celui-là même qui assista Moncalm à sa mort, donna à Michel Bégin un certificat de blessure:
[NI185]
Gérard a perdu la vie en traversant la rivière chaudière avec d'autres membres de la famille.
[NI191]
Décédé d'un accident de voiture survenu durant l'exposition agricole de Saint-Isidore. Sa femme et ses deux enfants s'en sont tirés indemnes.
[NI196]
Décédé dans un accident de la route. Il se serait endormi au volant.
[NI269]
Raymond était généreux et doux.
[NI301]
----- Original Message -----
[NI511]
Gaétan a pris sa retraite des Forces armées. Navigateur aérien, mais n'a pas toujours travaillé dans les airs. (Fév. 1999)
[NI512]
Stéphane habite à Montréal et est ingénieur en informatique. (Fév. 1999)
[NI513]
Nathalie habite à Hull et est étudiante en ergothérapie à
[NI636]
La tante Marie était la marraine d'Hilaire Bégin.
[NI666]
Je me souviens d'oncle Alphonce comme d'un homme doux et généreux de sa personne. Patient avec sa progéniture ainsi qu'avec ses neveux et nièces. Nombreux sont ceux qui ont profité de sa générosité en passant l'été dans ce décor féérique du nord Vermont. Il ne parlait pas pour ne rien dire, mais quand il demandait, c'était préférable à l'intimé, d'agir
[NI699]
[NI749]
Je suis la fille de Réal, l'aîné de Régina. Je demeure à Ste-Marie depuis l'âge de 12 ans ( les quatre enfants sommes nés à Laurierville un petit village près de Lyster et Ste-Anastasie). J'ai 39 ans et toutes mes dents. Je suis l'heureuse mère de trois enfants: Marie, 20 ans; Félix, 7 ans; Julien, 3 ans. Je suis technicienne de laboratoire et je travaille pour un petit centre de recherche ( BCM Développement ) à Québec. Mon conjoint ( Yvon Landry, comme vous avez pu le constater l'adresse est à son nom) est humoriste. Il travaille pour l'émission de radio La Jungle à Chik FM. Mais ne croyez pas que notre vie est une farce continuelle!!! À la maison, il est sage comme une image. Les présentations étant faites...Je peux vous dire que je suis très fière de faire partie de cette grande famille. J'ai un sentiment d'appartenance très développé. Mon père est décédé à l'âge de 50 ans ( beaucoup trop jeune, il nous manque tellement). C'est de lui que nous vient notre sens de la famille. Il nous a transmis aussi sa passion pour la photographie ( il devait tenir ça de son oncle Hilaire) et pour l'horticulture. Dans la sous-sol de notre maison nous avions une chambre noire et une serre. Que de beaux souvenirs!!!! Malgré son absence, nous avons continué d'être de toutes les fêtes de famille des Carrier où parfois j'ai la chance de jaser avec mes grandes-tantes Bégin (au chalet d'oncle Yvon Carrier ). Ce qui me frappe à chacune de ces rencontres, c'est la chaleur humaine qui se dégage de ces personnes. Le contact est tellement naturel, tellement facile. Grand-maman Régina avait ce don de soi aussi. Je n'ai pas eu la chance de connaître mes arrières-grands-parents Jos et Exélia. Mais grâce à des personnes comme Laurent et Raoul, je les connais mieux. Je connais cette grande famille qui est la mienne. C'est mes racines...Merci encore Laurent et oncle Raoul. Vous êtes des personnes d'une grande richesse et vous nous faites du bien...
[NI760]
[NI814]
Elle était la soeur d'Emilie Gagné qui était elle-même la mère d'Exélia.
[NI835]
Aimé et Rose-Anna furent mes parrains.
[NI836]
Âgée de 19 ans et 4 mois.
[NI867]
[Carrier.FTW]
[NI879]
[Carrier.FTW]
[NI887]
[Carrier.FTW]
[NI888]
[Carrier.FTW]
[NI889]
[Carrier.FTW]
[NI891]
[Carrier.FTW]
[NI892]
[Carrier.FTW]
[NI893]
[Carrier.FTW]
[NI905]
[NI910]
[NI913]
Jos Bégin l'appelait Georgine.
[NI914]
Robert maintenant décédé fut pompier à Québec.
[NI933]
[NI961]
Rose et Omer vivent près de Sherbrooke maintenant.
[NI973]
Qui aurait pu dire que cette reine de la jambette, redoutée de tous ses adversaires mâles ou femelles, alors surnommée Le Gibier, deviendrait un jour Soeur Marie-Madeleine De Pazzi ? Sûrement pas son père Joseph qui ne croyait pas ou ne voulait pas croire au sérieux de son engagement.
C'est à l'âge de 23 ans que, laissant derrière elle famille, amis ainsi que quelques soupirants, dont un (en occurance un certain Eugène Pelchat) plus tenace que les autres. Au matin du premier jour de septembre 1939, elle quitte la petite maison paternelle du rang Grande Ligne à Saint-Isidore. Elle avait choisie comme nouvelle résidence un pensionnat de Giffard en banlieue de Québec où elle vivra son postulat durant 5 mois et demi.
Le 25 janvier 1940, c'est le train qui la conduit à Saint-Boniface, Manitoba. C'est là que le 18 février 1940, elle prend l'habit de novice qu'elle portera pour deux ans. Puis le 19 février 1942, elle prononce ses premiers voeux ou profession, deux jours avant un retour de trois ans à Giffard.
On la retrouve à Gravelbourg, Saskatchewan à compter du premier août 1945, et ce pour une période de six ans durant laquelle elle se rendra à Saint-Boniface prononcer ses voeux perpétuels le 10 août 1947, aux Jardins de L'Enfance.
C'est pour les fêtes de Noël et du Nouvel An de 1951 que sa communauté lui accorde le droit pour une première fois, et ce pour un long dix jours, de rendre visite à sa famille, C'est là que l'auteur de ces lignes se souvient l'avoir vue pour la première fois. Nouvelle visite en 1954 à l'occasion du décès de sa mère Exélia.
En 67 tout était beau, c'était "l'année de l'amour, c'était l'année de l'Expo" comme nous le chantaient les membres de la formation Beau Dommage. Mais c'était aussi grand moment de réjouissances à la maison mère de Saint-Boniface où on fêtait les noces d'argent de Soeur Bérénice qui occupait alors le siège de Supérieure de la mission de Cold Lake, Alberta.
Ä compter du mois d'août 1971 et ce pour un terme de six ans, elle occupera les mêmes fonctions de Supérieure à la maison mère de Saint-Boniface. De nouveau, court séjour de 4 ans à Québec au grand bonheur de toute la famille Bégin, mais en particulier de ses soeurs à qui elle manque beaucoup.
L'année 1981 sonne un retour vers Saint-Boniface où elle habitera une petite résidence qui sert de maison de retraire pour sa communauté, en compagnie de trois autres religieuses. C'est finalement en 1986 qu'elle déménage à L'Isle des Chênes et où elle demeure toujours en 1994, entre ses trop courtes visites au Québec.
Lors d'un repas chez sa belle-soeur Marie-Clarisse Gendreau Turgeon, en 1994, Pierre-Yvon Bégin l'invite à prendre son passeport du Québec afin d'assurer sa prochaine visite. C'est sans hésitations qu'elle laisse tomber un " Ah! Le Parizeau."
Laurent Bégin. 21/08/1994
Tel: Résidence 1-204-878-2292
Maison mère -233-7287
Un homme fier et honnête.
Joseph Bégin est né le 24 avril 1875 à Saint-Jean-Chrysostome. Il était le quatrième enfant de Marie-Délia Lavertu et d'Olivier Bégin. Son père était fermier et aussi travailleur forestier à l'emploi de la John Breakey. Bien que nous ne sachions que très peu de choses sur cette période, nous croyons qu'il a eu une enfance relativement heureuse, enfin jusqu'à la mort de sa mère.
Comme l'école était trop éloignée pour qu'il puisse la fréquenter,il a du commencer très jeune à travailler sur la ferme paternelle, coutume très répandue à cette époque.
Le 8 août 1899 il épouse une jeune fille de Saint-Isidore de Dorchester du nom de Georgianna Larochelle. Ils achètent la terre d'Arthur Boutin située dans le bas de la Grande Ligne près de la terre des Larochelle. Ils y vivront environt cinq ans, en fait jusqu'au décès de Georgianna qui avait contracté la tuberculose ( que l'on appelait alors consomption). Aucun enfant ne naîtra de cette union. Joseph décide alors de vendre tous ses biens sauf la ferme ( L'auteur croit que la vente eu lieu aux alentours de la fête de Noël ). C'est alors qu'il va tenter sa chance en Nouvelle-Angleterre comme bon nombre de ses compatriotes dans les usines de textile. Il y rejoint son demi-frère Omer ainsi que son neveu Omer, fils d'Euzèbe.
C'est en procédant à la dite vente en l'an 1904 qu'il connut sa deuxième épouse, Exélia Gagné, alors en visite chez ses parents à Saint-Bernard de Dorchester ( Exélia travaillait depuis environ cinq ans dans une manufacture de Lawrence au Massachusetts ). Joseph Bégin avait en effet cédé une vache au père d'Exélia, Cyrille Gagné, et c'est en aidant celui-ci à ramener l'animal à Saint-Bernard, que Bégin fit la rencontre de sa deuxième épouse. Ils unirent leurs deux solitudes en l'église de Saint-Bernard De Dorchester le 1 mai 1906.
Joseph et Exélia s'installèrent donc à Lawrence Massachusetts, petite ville située à ( 100 ) kilomètres de Boston et dominée par l'industrie du textile. Les deux premières filles du couple, soit Laura et Régina y naquirent. Déjà enceinte de la troisième, Exélia demande à son mari de retourner au Québec pour s'établir sur une terre: "Si t'es pour m'en faire un ( p'tit ) à chaque année, j'aimerais mieux qu'on fasse ça au Canada".
De retour au pays, le couple s'installe sur la terre que Jos possède toujours dans la concession Saint-Hilaire à Saint-Isidore. Il est à noter que le rang Saint-François ( La Grande Ligne ) comptait deux concessions, Saint-Hilaire et Saint-Ambroise. Il la vend un peu plus tard, soit après la naissance de Rose-Délima, pour s'installer le long de la rivière Chaudière dans la paroisse de Saint-Lambert. Mais Exélia ne mit pas longtemps à prendre conscience des inconvénients relatifs à la proximité de la rivière. Elle détestait l'idée de voir les enfants aller jouer sur le barrage voisin de la John Breakey et risquer la noyade.
Respectant les craintes de sa douce, Jos se départit donc de cette propriété pour en acquérir une autre, encore une fois située dans le rang Grande Ligne de Saint-Isidore. Selon les dires de sa fille Rose-Delima, il en fit l'acquisition le 7 octobre 1918. C'est sur le train qui ramenait Jos du marché, que ce dernier conclut l'achat de ce lopin de terre avec le propriétaire M. Cyrille Francoeur.
La petite maison était, parait-il, très sale et Jos avertit Exélia d'apporter une bonne brosse et tout l'attirail nécessaire pour faire un bon ménage. Mais il lui jouait un bon tour car il avait déjà fait nettoyer leur nouveau nid par des gens qu'il avait engagé à cet effet. Comble de l'humour il fit même peinturer le plancher. L'endroit leur convint assez bien semble-t-il car ils y demeurèrent une trentaine d'années en complétant leur petite famille de 16 rejetons. C'est avec la satisfaction du devoir accompli, qu'en 1947, ils vendaient "le bien" à leur fils Pamphile et qu'ils devenaient des rentiers au village.
Il convient ici de préciser que Jos Bégin n'était pas vraiment cultivateur mais bien commerçant. C'est Exélia qui aimait la terre et s'en occupait. Elle s'y sentait à l'aise et a souvent répété qu'elle préférait travailler sur la ferme que d'effectuer des sorties mondaines. Elle voyait à tous les travaux en se faisant aider, du moins jusqu'à ce que ses gars soient capables de faire leur part, par un jeune engagé. C'est même elle qui, comme on disait à l'époque, faisait boucherie.
De ses seize enfants, c'est sa fille Gertrude qui a hérité de ce goût de la terre car même si plusieurs d'entre eux ont passé leur vie sur une ferme, c'est elle qui a nourri toute sa vie une réelle passion pour l'agriculture.
Jos était donc commerçant. Il passait par les fermes, au début en voiture à cheval et par la suite avec un petit camion, faisant surtout du troc. Il échangeait sucre, cassonnade, poudre à pâte ou épices contre poules, vaches, veaux, oeufs etc. Il revendait par la suite tout ce " butin " soit à ses clients de Breakeyville ou au marché Leblond, qui était situé près de la traverse à Lévis. Même s'il ne savait ni lire ni écrire, il était cependant très fort en calcul mental. Il semble aussi qu'il était doté d'une mémoire hors du commun et n'oubliat jamais un compte en souffrance ( probable qu'il s'en souvenait d'avantage si le débiteur était un méchant concervateur ou unioniste ).
Il se rendait parfois au marché de Lévis en voiture à cheval mais le plus souvent en train quoi que les marchandises étaient toujours transportées soit en voiture à cheval soit avec le camion quand l'état des chemins le permettaient. Il lui arrivait de temps en temps, en cette occasion, d'aller coucher chez sa soeur Rosalie ( Léonidas Hallé ) à Lauzon.
Homme très fier, toujours bien mis, Jos Bégin avait une stature imposante et en apparence plutôt sévère. Mais c'était un homme qui aimait bien s'amuser et il était aussi grand amateur de " gros gin ", une boisson qu'il " portait " semble-t-il assez bien ( il manifestait aussi de l'intérêt pour le caribou ). Il aimait bien en prendre en compagnie de son neveu et grand ami, Edmond Gosselin, de Breakeyville, chez qui il s'arrêtait à l'occasion au retour du marché ( Habitude qu'il perdit lentement au fur et à mesure qu'il gagnait en âge et en nombre de rejetons ). Les libations duraient alors jusqu'aux petites heures du matin; chansons et divin breuvage faisaient partie de la fête. Une fois le bal terminé, c'est Frank, son fidèle cheval, qui ramène doucement le bonhomme bien réchauffé, dormant et ronflant, jusqu'à Saint-Isidore, une légère petite trotte d'à peine 14 milles.
Fier de sa personne, il l'était tout autant de ses filles sur qui il veillait jalousement. Il était d'ailleurs très sélectif quant à leurs " cavaliers " et ces derniers ne devaient pas " sentir la boisson " quand ils se présentaient à la maison car il les renvoyaient derechef à leur point d'origine. ( La boisson était en effet un p'tit péché qu'il ne s'autorisait qu'à lui-même... ). Il portait également une attention particulière à l'apparence vestimentaire de ces dernières. Ainsi quand elles s'habillaient " trop court " à son goût, il leur disait de sa voix puissante: " Il me semble qu'il se fabrique assez de linge pour que vous puissiez en recouvrir un peu plus grand". De même pour le maquillage il ne tolérait à peu près rien, surtout au grand désespoir de sa fille aînée Laura qui, à l'âge des fréquentations, aurait aimé un peu plus de largesse d'esprit de la part du paternel.
Chanteur à la voix puissante et juste Durant l'été, les dimanches où il faisait beau, il n'était pas rare qu'on l'entendit chanter jusque chez le deuxième voisin ( entre trois et quatre arpents ). Il savait aussi faire étalage de son art lyrique pendant ses voyages en train ainsi qu'à son arrivée à la " gare de Saint-Isidore " en occurance la maison de M. Ferdinand Larose.
Il a acheté son premier camion "Ford" de Edmond Gosselin, mais ne l'a jamais conduit lui-même. C'est à son fils Hilaire alors agé de quatorze ans qu'il confia la conduite du dit engin.
Il termina ses jours dans une petite maison situé rue Sainte-Geneviève Entouré de sa femme, de ses filles Madeleine et Huguette, de son fils Hilaire et Marie-Clarisse Gendreau et du premier de ses petits fils portant " Le Nom ". Adorable rejeton que l'on baptisa en ce début d'été 1949, à sa requête, du nom de Laurent, en l'honneur de l'élection de l'honorable Louis Saint-Laurent nouveau premier ministre "Rouge" du Canada.
Transactions ( achats ou vente de terres ) Concession Saint-Hilaire.
# 1. 22/09/1905 achat des lots 160 et 161 de Owen McCafrey. 13/05/1910 vente ................... à William Boutin.
Concession Saint-Ambroise.
# 2. 28/09/1901 achat des lots 11 et 12 de Georges Boutin.
25/09/1903 vente 1 partie du lot 11 à Aimé Coulombe.
01/05/1905 ........................ à Philias Proulx.
01/05/1905 ..... du lot 12............Philias Proulx. Concession Saint-Hilaire.
# 3. 07/10/1916 Achat du lot 118 de Cyrille Francoeur.
26/04/1919 Achat du lot 119 de Norbert Pelchat.
27/09/1947 Vente du lot 118 à Pamphile Bégin.
30/06/1930 Vente du lot 119 à Arthur Turcotte.
Texte, Laurent Bégin.
Corrections, François Bégin.
Gynet Roberge Bégin.
Devrait avoir un lien de parenté avec le Cardinal Bégin.
Louis-Nazaire Bégin, né en 1840, à Lévis, fit ses études au séminaire de Québec et fut le premier élève à remporter le prix du Prince de Galles. Admis au Grand Séminaire, en 1862, il fut envoyé à Rome l'année suivante afin de compléter ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1865. De retour à Québec, en 1868, il se consacra entièrement à l'éducation, surtout au Séminaire où il fut cuccessivement professeur, préfet des études et directeur. Vingt ans plus tard, il était préconisé deuxième évêque de Chicoutimi. En 1891, le Cardinal Tashereau, archevêque de Québec, le choisissait pour coadjuteur et en 1898, il devint titulaire du siège de Québec. En 1914, le Pape Pie X l'éleva à la dignité de prince de l'église, lui conférant l'insigne de cardinal-prêtre.
Ce patriarche de l'église canadienne décéda en 1925. Son activité n'avait pas connu de bornes, mais l'éducation fut surtout l'objet de sa plus vive sollicitude, pendant toute sa vie.
Louis-Nazaire Bégin, né en 1840, à Lévis, fit ses études au séminaire de Québec et fut le premier élève à remporter le prix du Prince de Galles. Admis au Grand Séminaire, en 1862, il fut envoyé à Rome l'année suivante afin de compléter ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1865. De retour à Québec, en 1868, il se consacra entièrement à l'éducation, surtout au Séminaire où il fut cuccessivement professeur, préfet des études et directeur. Vingt ans plus tard, il était préconisé deuxième évêque de Chicoutimi. En 1891, le Cardinal Tashereau, archevêque de Québec, le choisissait pour coadjuteur et en 1898, il devint titulaire du siège de Québec. En 1914, le Pape Pie X l'éleva à la dignité de prince de l'église, lui conférant l'insigne de cardinal-prêtre.
Ce patriarche de l'église canadienne décéda en 1925. Son activité n'avait pas connu de bornes, mais l'éducation fut surtout l'objet de sa plus vive sollicitude, pendant toute sa vie.
Birth : ABT 1654 Quimper-Corentin, ev. Cornouailles, Bretagne (Finistère), France
Death : 28 JUL 1722 Lauzon, Lévis, Québec, Canada
Gender: Female
Parents:
Father: Durand, Martin
Mother: Brunet, Françoise
Family:
Marriage: 15 OCT 1668 in Québec, Québec, Canada
Spouse:
Bégin, Louis
Death : 25 DEC 1708 Lauzon, Lévis, Québec, Canada
Gender: Male
Parents:
Father: Bégin, Jacques
Mother: Méloque, Anne
Children:
Bégin, Marguerite
---------------------------------------------------------------------------------------------------
Ancètre de Nouvelle-France
Louis Bégin, baptisé le 28 septembre 1631, à St-Léonard de Honfleur,
(Calvados) diocèse de Lisieux, fils de Jacques Bégin et de Diane
Meloque. Il se marie à Québec, le 15 octobre 1668, à Jeannne Durand, bapt. 1654, fille de Martin Durand et de Françoise Brunet, de Quimper-
Corantin.
(Origine des familles c.-f., p.99, par le R. P. Archange Godbout, o.f.m.,
Président de la Société Généalogique C.-F.)
Ancêtre direct du Cardinal Bégin. Int. Drouin, Dict. Nat. des C.-F. p.76.
Quimper est dans le diocèse de Cornouailles, Bretagne.
Il vendit la terre acquise par son défunt père le 4 octobre 1661 à Gabriel Lemieux, moyennant la somme de 80 livres tournois. Les deux voisins étaient alors Théodore Sureau et Robert Chartier. Le notaire Duquet parafa cette vente le 22 juillet 1665.
Le père Archange Godbout croit que Louis s'occupa plus de la pêche que de la culture de la terre, parce qu'au recensement de 1667 Louis n'avait que 3 bêtes de bétail et 8 arpens en culture, sur sa concession de 3 arpens sur 40 de profondeur. Cependant, il faut avouer que ses voisins Eustache Lambert et Simon Rochon n'étaient guère plus avancés.
A l'été 1668, Louis était au tournant de ses 37 ans d'âge et toujours célibataire. Il tomba alors en amour avec Jeanne Durand, orphheline de Martin Durand et de Françoise Brunet. Elle n'était alors âgée que de 13 ans. S'il y a eu contrat de mariage, il a été perdu. L'évêque dispensa Louis et Jeanne des trois bans de mariage. Le prêtre qui bénit leur union le 15 octobre 1668, n'a pas signé ni rapporté le nom des témoins. La cérémonie religieuse a peut-être été célébrée par un prêtre missionnaire de passage à la côte de Lauzon ?
La vie de Louis semble avoir été un havre de paix et de tranquilité pendant plus d'un demi-siècle. Deux exceptions cependant doivent être mentionnées.
Le 22 juin 1667, François Becquet, Simon Rochon, Louis Bégin et treize autres habitants de la pointe de Lévy s'étaint plaints au lieutenant civil de Québec du tord que leur avait causé François Bissot et Guillaume Couture en exigeant un chemin public à faire et à entretenir chacun sur leur terre. Le Conseil Souverain mit<< leur appel au néant sans amende>>, le 1er août de la même année. Chacun nettoyera sa portion << comme chose publique>> et la clôturera. Il fallut bien se soumettre sans grincher des dents.
Puis, ce ne fut qu'en 1699 que les Bégin avaint dû se fâcher pour obtenir justice. Simon Rochon, un vieil ami avait tué un de leurs cochons par malice ou par erreur... Le litige fut étalé sur le parquet du plus haut tribunal du pays par le huissier Métru et Jeanne Durand. Justice fut rendue. Rochon remettra aux Bégin << un cochon pareil à celuy quil a tué ou luy En payera la juste valeur au dire d'Ignace Samson Et Louis Lemieux qui ont vu led. Cochon Et aux depens>>, trois livres. Les témoins, qui avaint vu la victime porcine morte << dans le chemin >>, affirmèrent sous serment qu'elle << valloit bien vingt livres >>.
Le 26 novembre 1676, Louis Bégin, Michel Gautron, dit LaRochelle, et Claude Régnard, peut-être Claude Renard, dit Deslauriers, était à l'étude du notaire Becquet de Québec. Les parties confessèrent << avoir faict par ensemble le marché accord et convention qui ensuit >>. Gaitron et Regnard promettent faire du bois de corde pour le compte de Bégin et sur son habitation, du 1er décembre jusqu'au 15 avril. Les cordes de bois auront 8 pieds de long. 4 de hauteur, environ 3 pieds de largeur. Les contractants Michel et Claude recevront 25 sols la corde << a fur et mesure quils le livreront>>. Mais, ils payeront 15 livres par mois chacun pour leur nourriture et logement.
Louis Bégin avait sans doute organisé ce chantier avec l'idée de vendre son bois avec profit au citadins de Québec. Le transporterait-il par traîneau sur la glace? Louis avait ses trucs pour vivre.
Au recensement de 1681, Les Bégins vivent entre les voisins Charles Courtois et Simon Rochon. Ils possèdent 1 fusil, 3 bêtes à cornes et 8 arpens en valeur. Le cheptel vif et la superficie de terre cultivée sont les mêmes qu'en 1667. Quatre enfants entourent la table Bégin. Que faisait-on pour survivre ? C'est ici qu'il faut ouvrir les parenthèses. Il était facile pour tous de pêcher du poisson dans l'eau pure du fleuve, en particulier de l'anguille. Le fusil de chasse servait à abattre le gibier dans les bois,, les tourtres, les canards, les outardes et les oies blanches sur le fleuve. Les céréales semées donnaient du cent pour un. Bref, on peut penser que c'était la belle vie.
Pendant longtemps, les résidents de la pointe de Lévy durent traverser le fleuve et se rendre à Québec pour acheter les choses nécessaires à la vie, recevoir les services d'un chirurgien, vendre leurs produits, assister aux offices religieux, etc.
Entre 1659 et 1678, les registres de Notre-Dame de Québec mentionnent 5 fois la présence de Louis Bégin comme parrain d'un enfant et 3 fois comme témoin à un mariage. Ä Saint-Joseph-de-Lauzon, selon le registre, Louis est rapporté 13 fois dans les actes de mariage et de sépulture de ses amis.
Le 11 avril 1690, les habitants de Saint-Joseph eurent leur premier curé en titre, l'abbé Philippe Boucher, huitième enfant du célèbre Pierre Boucher. Louis Bégin et sa femme en 1690, occupaient le 8e banc du côté de l'évangile. Ils en avaient un second du même côté, le deuxième, réservé à leur fils Louis et à Denis Courtois. Guillaume Couture, lui, possédait le 4e du côté de l'épitre.
Sir William Phips, en 1690, à la tête d'une flotte de 32 navires et de 2,000 hommes voulut s'emparer de Québec. Le vaisseau amiral mouilla non loin de la propriété des Bégin. L'on connaît la réponse de Frontenac et le départ en catastrophe des vaisseaux agresseurs. Comme bien d'autres, les Bégin en sortirent quittes au prix d'une vilaine peur.
Génération Durand-Bégin.
Marie-Anne, Marie-Marguerite, Marie-Thérèse, Élisabeth, Louis, Jacques, un anonyme, Jean-Baptiste, Suzanne, Étienne, Charles et Jacques, tels sont les prénoms de cette digne famille Durand-Bégin. Tous naquirent sur le territoire de Saint-Joseph-de-Lauzon. Ä l'exception des deux premières filles, tous furent baptisés à Lauzon, soit par un missionnaire, soit par le curé du lieu.
Marie-Anne, filleule de Anne Couture le 3 août 1669 à Québec, fut inhumée le 4 octobre 1683. Marie-Thérèse ne vécut guère plus qu'une semaine. Louis, baptisé par l'abbé Thomas Morel le 14 octobre 1678, était au recensement de 1681. Après 1690 on perd sa trace. Son frère Jacques, dont l'acte de baptême se trouve à Cap-Saint-Ignace le 12 février 1682, ne put jouir de la vie que l'espace de six jours d'hiver. Un autre petit Bégin fut ondoyé et inhumé le jour même à Lauzon, le 27 février 1683. Enfin, Charles, né vers 1693, disparaît aux environs de 1714. Ainsi, la moitié de cette famille quitta la vie à son aurore.
Marie-Marguerite, portée par Marguerite Rochon sur les fond baptismaux de Notre-Dame de Québec le 24 juin 1672, épousa Eustache Couture, dit Bellerive, le 7 novembre 1695, lui donna 3 enfants à Beaumont où elle fut ensevelie le 14 décembre 1700. Quant à Élisabeth filleule de Élisabeth de Chavigny, femme d'Étienne Landron, elle devint l'épouse d'Étienne Rochon à la Sainte-Anne de l'année 1693. Elle décéda semble-t-il des suites de ses couches, après la naissance de sa fille Suzanne, en décembre 1695. Louise Carrier conquit le coeur de J-B. Bégin, le 23 janvier 1714. Seize ans plus tard l'époux décédait laissant à sa fidèle compagne 8 enfants sur les bras. Suzanne unit sa destinée à Laurent Poiré, fils de l.encêtre Laurent et de Geneviève Leclerc. Cette famille présenta 11 sujets à la communauté québécoise. C'est Étienne qui vécut le plus longtemps. Époux de Marie-Geneviève Rochon le 27 mai 1722, père de 9 enfants, il décéda à Lauzon à la mi-décembre 1759. Enfin le cadet Jacques Bégin, filleul de Jacques Samson et de Geneviève Sureau, dit Blondin, alla chercher son amante chez les Rochon en la personne de Geneviève-Charlotte. Leurs 11 enfants grandirent à Lauzon où Jacques fut inhumé le 20 octobre 1756.
Malgré tant de deuils, la troisième génération avait vu fleurir la vie 43 fois.
Louis Bégin s'éteignit à son domicile et fut inhumé, le 26 décembre 1708, dans le cimetière de la pointe de Lévy, situé au nord de l'église actuelle de Saint-Joseph. Louis était mort la veille, jour de Noël. Le curé Philippe Boucher chanta le libéra devant la famille endeuillée et les témoins nommés au registre: Jean-Baptiste Hallé et Charles Carrier.
Extrait de Nos Ancêtres 16
Par Gérard Lebel, C.Ss.R.
Sainte-Anne De Beaupré 1989.
Laurent Bégin /1994.
BÉGIN, Louis b 28-09-1631 Honfleur (St-Léonard) (Calvados: 14333)
Jacques & Jeanne Meloque (Jetté, p. 74. Archange Godbout ANCÊTRES RAPQ,
p. 383) Ses parents se sont mariés à St-Léonard-de-Honfleur vers 1623.
BÉGON
Lorsque Louis Bégin demanda la main de Jeanne Durand, il s'adressait donc à une orpheline âgée d'à peine 13 ans. Gabriel Samson épousa Françoise Durand le 29 novembre 1669. Ainsi les deux soeurs Durand vécurent non loin l'une de l'autre à Lauzon. Quant à leur demi-soeur Geneviève Sureau, dit Blondin, née le 2 octobre 1664, elle devint la femme de Martin Lafilé le 26 novembre 1678, à Lauzon.
Jeanne Durand fut marraine de Gabriel Courtois en 1672 et de Jean-François Samson le 4 mars 1674. Le printemps 1690 fut mauvais pour Jeanne Durand. Elle séjourna à l'Hôtel-Dieu de Québec pour une durée de 30 jours de maladie. Et ce fut la même épreuve en 1695: 37 jours d'hôspitalisation. Elle survécut quand-même à son homme pendant près de 14 ans. Avec plusieurs enfants encore mineurs, elle réorganisa sa vie sans heurts. Elle s'éteignit le 27 juillet 1722, dans la paix. Le curé A.-Joseph de Montenon de La Rue bénit la dépouille mortelle le lendemain, avant qu'elle fût déposée au cimetière paroissial près de Louis Bégin, son compagnon d'éternité.
Birth : ABT 1600 Honfleur, Lisieux, Normandie (Calvados), France
Gender: Female
Family:
Marriage: ABT 1630 in Honfleur, Lisieux, Normandie (Calvados), France
Spouse:
Bégin, Jacques
Birth : ABT 1600 Honfleur, Lisieux, Normandie (Calvados), France
Gender: Male
Children:
Bégin, Louis
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ancètre de France.
Jacques possédait une ferme à la rivière Saint-Sauveur, dans la paroisse de Saint-Léonard. Il était marié à Anne, parfois appelée Diane, Meloque.
Jacques et Anne élevèrent quatres enfants connus:
#1. Jean, parrainé par Jean Le Tac le 1er septembre 1624.
#2. Jacques, baptisé le dimanche 17 septembre 1634.
#3. Jeanne, filleule de Nicolas Bégin, le 6 décembre 1636.
#4. Louis, parrainé par Louis Langlois et marrainé par Geneviève Delemare
femme de Jean Le Tac, le 28 septembre 1631.
Après le décès de sa femme, Jacques émigra en Nouvelle-France, en compagnie de son fils Louis vers 1654. Le 18 novembre 1655, Jacques obtenait une terre du seigneur de Lauzon au nom de son garçon Louis. Le billet de concession fut versé au minutier du notaire Audouard le 20 du même mois. Mais le 4 octobre 1661, Jacques recevait une concession de 2 arpents de front sur 30 de profondeur dans l'arrière-fief Sainte-Anne, aujourd'hui centre-ville de Lauzon. Il mourut noyé dans les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent entre Lauzon et Québec, le 21 octobre 1664.
Extrait de Nos Ancêtres 16,
Par Gérard Lebel,C.Ss.R.
Sainte-Anne-de-Beaupré 1989.
________________________________________________________________
Les recherches généalogiques nous apprennent que tous les Bégin du Québec, du Canada où d’ailleurs sont tous des descendants de Jacques et Anne Meloque. Ce couple était originaire de Honfleur, en Normandie. Ils ont émigré au Québec, avec leur fils Louis qui se maria à Jeanne Durand le 15 octobre 1668. Ce dernier est considéré comme le premier ancêtre au Québec
________________________________________________________________
ASSOCIATION DES FAMILLES BÉGIN INC
Louis Bégin, l'ancêtre des Bégin
Le premier à venir au Canada fut Pierre Bégin, un navigateur ; il venait faire la traite des pelleteries à Tadoussac, pour la compagnie de Rouen. Cependant trois immigrants vinrent s’établir en Nouvelle-France, soit Claude, originaire de Saint-Germain, ville de Poitiers, il mourut à Québec sans descendance ; Jacques et Louis Bégin, originaire de Honfleur, ville de Normandie, sont ceux que nous retiendrons ici.
Jacques Bégin, qui tire ses origines de Honfleur, ville de Normandie, épousait Anne Melocque ; ils eurent quatre enfants connus et vivaient à la campagne sur une ferme à la rivière St-Sauveur, dans la paroisse de Saint-Léonard.
Après la mort de son épouse, Anne Melocque, Jacques et son fils Louis passèrent en Nouvelle-France, vers 1654 ; l’année suivante, il obtint une terre au nom de Louis. En 1661, il en acceptait une dans l’arrière fief Sainte-Anne ; l’endroit porte maintenant le nom de Lauzon. Malheureusement, il se noya trois ans plus tard dans le fleuve, face à Québec ; son fils, Louis, seul héritier, s’occupa de prendre la relève.
Vers l’âge de 37 ans, il fit la rencontre de Jeanne Durand, fille de Martin et Françoise Brunet ; il épousa la jeune orpheline de treize ans le 15 octobre 1668.
Les Bégin passèrent la majeure partie de leur vie dans le calme et la paix ; la famille Bégin, comme la plupart des gens du temps, vivait de chasse et de pêche, agrémentées de la culture de céréale, qui, paraît-il, était fort prolifique. C’est ainsi qu’au recensement de 1681, ils possédaient trois bêtes à cornes et huit arpents de terre en valeur.
Au printemps de 1690, Jeanne Durand fut très malade et entra à l’Hôtel-Dieu de Québec pendant trente jours ; une seconde fois en 1695, elle fut encore hospitalisée pendant 37 jours.
C’était aussi vers 1690 que le premier curé en titre, l’abbé Philippe Boucher, arriva dans la paroisse de St-Joseph. La même année encore, le redoutable général Phips débarquait à proximité de la propriété de la famille Bégin, accompagné de ses troupes, qui avaient entreprit de s’emparer de Québec, ; ils furent comme on le sait repousser par Frontenac mais les colons eurent certainement la peur de leur vie.
Les enfants de la génération Durand-Bégin furent pour la plupart baptisée à Lauzon, sauf les deux premières filles. Plusieurs deuils survinrent dans la famille mais la troisième génération vit tout de même jaillir quarante-trois petits-enfants.
Louis Bégin s’éteignit dans sa demeure ; il fut inhumé, le 26 décembre 1708, au cimetière de la pointe de Lévy. Jeanne Durand, avec l’aide de son fils aîné, Jean-Baptiste, continua sa route encore quatorze ans ; elle décédait le 27 juillet 1722 et rejoignit son époux au cimetière paroissial.
Certains descendants des Bégin se sont illustrés, soit : Michel Bégin, petit-fils d’Étienne Bégin, le fils de Louis, qui prit part à la bataille de Carillon en 1758 ; Jean-Damase Bégin, homme d’affaires et ministre de la colonisation pendant seize ans ; plus récemment, à Ottawa l’Honorable Monique Bégin, ministre de la Santé et du bien-être social, en 1977 ; Louise Bégin, vice-présidente de l’Assemblée nationale du Québec depuis le 16 décembre 1985.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Antoine Lacasse, de Noël et Madeleine Durand, de St-Pierre-de-Doué-
la-Fontaine, Anjou, France, ancêtre du Cardinal Bégin.
Antoine épousa Françoise Piloy, de François et Claude Poulet de
St-Nicolas-des-Champs, Paris, Ile-de-France, à Château-Richer le
14 octobre 1665. Inst. Drouin, Dict. Nat. des C.-F. p.228.
La petite histoire d’un Bégin
Je suis ce petit blond frisé à Hilaire comme on se plaisait à m’appeler quand papa m’amenait avec lui lors de ses nombreux déplacements. Que ce soit dans sa voiture de taxi ou bien en camion, ma tendre enfance n’a pas manqué d’action. Comme vous le savez, Hilaire visitait de façon intensive ses soeurs et frères. Cela m’a permis de connaître mes cousins et cousines et de me faire connaître d’eux aussi. Que ce soit pour aller à la Grande Ligne chez oncle Edmond, glisser sur les côtes, en traîne sauvage près du ruisseau, ou bien aller danser le twist en haut du "Store" à Breakeyville, n’importe quel prétexte était suffisant pour vous visiter tous. Je vous le donne en mille, mon enfance a été heureuse à souhait. Je peux me vanter d’avoir été le premier mâle, descendant de Jos. à porter le nom Bégin. Je sais que je fus l’orgueil de ce cher aïeul qui n’écoutait personne, surtout pas ma mère, quand il voulait me gâter en me berçant ou en me gavant de friandises. Puis les années passèrent et la vie se déroula entre joies et peines.
On se retrouve à l’école secondaire, comme je n’aimais pas particulièrement étudier, je n’ai pas inscrit un gros "score". Malgré tout j’aimais l’école pour tout ce qui composait la vie d’étudiant. À la suite de mes cousins Paul Pelchat et Grégoire Guillemette que je fus à mon tour président du conseil étudiant de l’Institut Sainte-Marie de Saint-Anselme. C’est mon frère François qui boucla la boucle des présidences de la vénérable institution en 1974. En 1975 cette école secondaire fut rénovée et devint la Polyvalente Saint-Anselme, où je travaille depuis son inauguration à titre de magasinier. Magasinier, c’est seulement le titre du poste, car comme vous le savez le secteur public a connu un bouleversement en 1982 et on doit accomplir maintenant bien d’autres tâches connexes. Je suis responsable des achats pour le secteur professionnel soit les cours suivants : agrotechnique, voie technologique, initiation à la technologie, soudure, mécanique agricole, plomberie, électricité et construction. J’agis aussi comme technicien en audio-visuel, je fais les réparations mécaniques sur vidéos, rétro-projecteurs, magnétophones etc... . Je m’occupe aussi des copies de cassettes audio et vidéo, mais ça il ne faut pas le dire trop fort car c’est hors-la-loi. J’ai aussi la responsabilité de prendre les photos pour les cartes étudiantes de même que leur impression. J’ai du apprendre à labourer, herser, rouler et semer les champs, afin de terminer ces travaux entrepris par les élèves d’agro, et que ces chers petits n’avaient pas eu le temps de terminer tout à fait. De temps à autre, l’hiver, je fais des travaux de déneigement quand la direction fait pelleter la neige accumulée sur le toit. C’est très amusant de conduire les tracteurs au grand air, ça me change de la routine entre les quatre murs.
Mais revenons en arrière, juste au moment où j’ai quitté l’école pour me lancer vers la gloire de la vie de musicien. C’est en 1969 que je pars avec quatre autres garçons de mon âge conquérir les clubs de notre "Belle Province". Ce n’était pas facile tous les jours et bien souvent nous devions partager la chambre avec une faune rampante du genre coquerelle etc... Au chapitre de la nourriture, ce n’était pas toujours appétissant, mais comme il fallait bien manger on se fermait les yeux. Disons que les mauvais moments furent peu nombreux et nous avons été bien traités dans la majeure partie des cas. J’ai plusieurs souvenirs impérissables de partys, pas toujours catholiques, mais combien fertiles en rires, que nous avons poursuivis bien au-delà du troisième petit matin... C’était l’époque des fleurs dans les cheveux et de l’amour libre sans trop de dangers pour la santé. Puis on s’essaye dans l’arène des grands en rencontrant un producteur de disques pour lui proposer nos chansons. Là ça s’est gâté un instant, déception amère et moment de déprime générale au sein du groupe qui a pour résultat de nous dissocier. Le bassiste et moi décidons de former un autre groupe quelques semaines après le démembrement. C’est dans le parc municipal de Sainte marie de Beauce que nous formons "Médium", avec deux autres musiciens que nous connaissions. C’est sans contredit l’orchestre de danse qui allait me donner les plus beaux succès. Nous avons tenu le haut du pavé, pour le bout de pays compris entre Rivière Du Loup et Saint-Georges de Beauce. Tous les musiciens se référaient à nous pour se comparer. Ce n’est pas que nous eussions été les meilleurs, non y’en avait de beaucoup supérieurs en tant qu’instrumentistes performers, mais nous nous avions la recette pour faire sonner le "cash". Musique si douce à l’oreille d’un propriétaire de club. Le groupe a été dissous en 1980 à la suite d’un accident de moto (non mortel) qui nous privait de notre guitariste. Puis j’en ai eu mare de déménager, d’installer et de démonter autant d’instruments de musique à tous les mois. Juste pour vous dire ça prenait un camion de cinq tonnes pour transporter notre matériel, sans oublier des deux soirées passées à installer le tout Je me joint alors à un orchestre familial, Les Bosa de Tring Jonction, qui faisait dans les soirées de noces et de danses sociales. Je n’avais plus que mon microphone à transporter, la belle vie quoi ! Puis deux ans plus tard, l’envie d’avoir mon groupe me reprit et pendant les cinq années qui suivirent je joue des soirées de danse avec trois autres musiciens avec qui j’avais déjà travaillé. Peut-être que le nom de Conrad Fontaine vous dira quelque chose ? En 1978 je reforme le groupe Médium pour traverser les huit prochaines années, là nous étions devenus un peu plus pépères. Ça ne nous a pas empêché d’aller jouer à Great Whale ou si vous préférez Poste De La Baleine, petit village, en fait le seul village du Québec où habitent ensembles des Blancs, des Amérindiens et des Inuits, et tout ça sur le "bras" de la Sûreté du Québec.
Donc, huit ans plus tard je décide de changer de nouveau de cap et je forme un duo en compagnie de mon guitariste. Là ça été encore plus sage et nous nous sommes produits que quelques fois en trois ans. Finalement l’été dernier j’ai mis un terme à la carrière de gars d’orchestre mais pas à celle de chanteur. Depuis bientôt cinq ans je me suis intéressé au chant gospel et au jazz. C’est très relax comme hobby, je me contente de chanter avec trois autre gars et cinq très jolies filles, beaucoup trop jeunes (les filles) pour moi, mais elles chantent tellement bien que l’âge ne compte plus. Nous sommes accompagnés par quelques musiciens qui jouent très bien comme j’aurais toujours aimé le faire. Nous allons bientôt commencer à donner des représentations en public mais pas question de nous produire dans les bars ni de faire danser les boogalous.
Côté famille, Ginette et moi n’avons eu qu’un seul enfant. Élisa, qui a 19 ans et qui étudie en éducation spécialisée au CEGEP de Mérici. Elle travaille fort et ses résultats sont à tout le moins satisfaisants. Inutile de dire qu’elle ne tient pas ça de moi. Elle mesure 5' 10" et a la carrure des Bégin, y compris la démarche avec la bedaine en avant. Elle est présentement en deuxième année d’un cours qui en dure trois. Elle a la chance d’habiter chez sa tante Lorraine, soeur aînée de Ginette, qui à toute fin pratique est sa seconde mère, dans un appartement cossu situé à sept minutes de marche de son collège.
Et ma femme Ginette qui est atteinte d’un cancer depuis maintenant quatre ans, fait preuve d’un grand courage face à cet adversaire redoutable. Elle est présentement en traitement de chimiothérapie et ce pour un temps indéterminé. C’est le cousin Jean-Louis Guillemette qui lui sert de taxi pour se rendre à l’Hôtel Dieu de Lévis où elle reçoit cinq jours de consécutifs le cocktail de médicaments prescrit par les oncologues qui la soignent. Il nous reste l’espoir et la foi en des jours meilleurs pour ne pas sombrer dans le découragement. Nous avons célébré notre vingt-cinquième anniversaire de mariage cet automne en compagnie d’Élisa et de quelques amis. La famille de Ginette nous a envoyés nous faire "taponner" dans un centre de santé du Lac Beauport. Petite attention qui nous a réchauffé le coeur de même que les vieilles pentures. Nous avons fait le souhait de recommencer cela aussi souvent que notre bourse nous le permettra.
Bien, c’est un résumé de ma vie qui je l’espère, ne vous fera pas dormir avant la conclusion. J’attends de vos nouvelles, moi aussi je sens le besoin de mieux vous connaître. Comme je vous l’ai écrit dans un précédent message, je ne perds pas d’intérêt pour la généalogie de la famille. Si vous avez envie de participer à la rédaction de notre histoire, je vous en prie, laissez-vous aller ! Plus nous serons de f... et plus nous rirons. Il y a encore beaucoup à écrire, que ce soit à propos de nos parents, de nos conjoints (es) ou de nos enfants. Je crois retenir de mon père ce goût pour la famille. Puissions-nous propager ce désir de voir la flamme familiale attirer à elle tous ses membres vivants et créer un réel sentiment d’appartenance et de fierté.
Laurent Bégin
(Reçu par courriel le 31 janvier 1999.)
----- Original Message -----
From: laurent begin
To: raoul carrier
Cc: Richard &Louise Goyette ; Raymond Boutin ; pierre sévigny ; Pauline Boutin ; Paul Pelchat ; Normand Pelchat ; Louis -Michel Guay ; Jérome Boutin ; Jean -Philippe Boutin ; Hélène Carrier-Landry ; grégoire guillemette ; Georges pelchat ; Colette Boutin
Sent: mardi 13 avril 1999 18:51
Subject: Décès de ma compagne
C'est arrivé vers sept heures ce matin 13 avril, Ginette a fait ses adieux pour aller vers un monde meilleur. Elle s'est éteinte tout doucement à notre domicile. Pour ceux qui le peuvent, consultez le journal Le Soleil de jeudi pour connaître l'heure de la célébration à l'église de Saint-Isidore. Bisoux à tous. Laurent Bégin
Elle fut la première femme de Joseph Bégin.
(( Nous, chirurgien major des armées, certifions que le nommé Michel Bégin, habitant de la pointe de Lévy, a reçu un coup de fusil qui lui a fracassé l'huméral dans sa partie inférieure, lors de sa sortie des retranchements ordonnée par Monsieur le marquis de Montcalm. En vertu de quoi,je lui ai donné le présent au camp sous Carillon, ce 24/07/1758. Arnoux. On lui a donné cent livres. Vu: Montcalm. Je prie M.l'intendant d'avoir tel égard qu'il jugera à propos pour gratifier ce Canadien. Montcalm )).
Circonstances tragiques puisque Simon Guillemette, son cousin, est décédé la même fin de semaine. Le service religieux fut empreint d'émotions violentes. Toutes les personnes présentes ne purent retenir leur larmes... L'église était pleine à craquer. L'assistance se composait principalement de la famille, puis des amis d'Alain et de Simon.
Il a été assasiné par un détraqué dans sa grange.
From: Normand Pelchat
To: Raoul Carrier
Sent: lundi 19 avril 1999 00:17
Subject: Visite de "ROSE"
Bonjour Raoul,
Comment allez-vous.
Je suis le petit-fils de grand-maman Rose de la lignée de Georges et de Annette Guay. Je voudrais te remercier de la visite que tu as fait à ma grand-mère ,
Vous avez du lui faire une joie immence et je vous en rremercie du fond
du coeur. Nous les jeunes on n'a pas toujours le temps ou le trouve
tout simplement pas pour ce genre de chose. Mais croyez moi la pensée
est toujours en nous quand on vient d'une grande famille comme la
nôtre .Donc, bonsoir monsieur mon grand-cousin et j'attache beaucoup
d'importance à tout ce que vous faites toi et Laurent .
Normand et sa famille
l'Université d'Ottawa. (fév.1999)
promptement. Il a sûrement trimé très dur pour élever sa famille sur ces terres de roches des Montagnes Vertes.
Il semblait d'une patience à toute épreuve. C'est après avoir travaillé pour Ford Motors à Détroit qu'il s'est engagé comme garçon de ferme. Puis il s'installa dans Pleasant Valley, où son fils Denis exploite toujours en 1994 cette ferme.
Page Historique de la NORMANDIE
Avant JC : les populations celtiques occupent la Normandie actuelle
L'EPOQUE ROMAINE :
58-51 : conquête romaine en Normandie
2ème siècle : les nordiques font des incursions dans le Bessin, et début de la christianisation du pays
LES INVASIONS NORMANDES :
Les "Northmen", venus par la mer de Scandinavie, étaient d'origine norvégienne ou danoise. Les VIKINGS allaient chercher fortune sur les mers. Ils allèrent en Europe Occidentale, en Afrique, et en Méditerranée, à bord de "drakar", pouvant contenir jusqu'à 70 personnes.
800 : incursion normande sur les côtes de la Manche
836 : persécution des chrétiens dans la Manche
858 : les Normands ravagent la ville de Bayeux
911 : Rollon est sacré premier duc de Normandie, à la suite du traité de St-Clair-sur-Epte
L'INDEPENDANCE DU DUCHÉ DE NORMANDIE :
933 : le duché prend sa forme définitive sous Guillaume Longue-Épée, par la réunion du Cotentin et de l'Avranchin entre le 10e et 11e siècle : création de monastères, d'abbayes, accroissement du pouvoir des ducs
1027 : Naissance de Guillaume, futur duc de Normandie, à Falaise
1066 : au départ de Dives sur mer, une formidable armada part conquérir l'Angleterre. Harold, ennemi de Guillaume le Conquérant meurt durant la célèbre bataille d'Hastings, sur la côte sud de l'Angleterre. Guillaume, duc de Normandie, devient alors roi d'Angleterre. Le roi de France le considère comme un rival menaçant
1087 : Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, meurt
1087-1135 : division des héritiers de Guillaume. Restauration de l'autorité ducale en Normandie
1154-1189 : Henri II est roi d'Angleterre
1204 : la Normandie est réuni à la couronne
LE DUCHÉ FRANÃAIS :
1346 : Édouard III d'Angleterre débarque en Normandie
1364-1384 : début des campagnes victorieuses de Du Guesclin
1417 : invasion de la Normandie par Henri V
1424 : les anglais font l'assaut du Mont St-Michel. Ils sont repoussés pendant 10 ans par Louis d'Estouteville
1437 : l'université de Caen est fondée
1450 : reformation de la Normandie par la prise de Cherbourg et Formigny
1469 : le dernier duc de Normandie, Charles de France, est dépossédé de son duché
LA NORMANDIE CONTEMPORAINE :
1789 : révolution franþaise, trouble à Caen
1793 : les girondins font une tentative d'insurrection. Siège de Granville
1795-1800 : chouannerie normande
6 juin 1944 : débarquement allié sur les côtes normandes. La Normandie a été préféré au Pas-de-Calais car les lignes de communication de l'ennemi étaient plus vulnérables. Le Général américain Eisenhower est nommé responsable du débarquement (baptisé opération OVERLORD).
A la suite de parachutages nocturnes, les troupes alliées débarquent sur les plages de Sword, Juno et Gold (entre Ouistreham et Arromanches), Omaha et Utah, côte Est du Cotentin. Caen est libéré entre le 19 et 25 juillet 1944; la ville est détruite à 80 %.
Aujourd'hui, la Basse-Normandie se développe par son secteur de haute technologie, son industrie agro-alimentaire, ses nombreux ports de pêche et son complexe universitaire (Cherbourg, Alenþon, Caen ....)
Par Raphaël Guegan
À bientôt tout le monde, j'espère vous connaître un peu plus et peut-être qu'un jour on se verra en chair et en os!!!
Hélène Carrier.
(Reçu par courriel le 31 01 1999.)
Je suis la fille de Réal, l'aîné de Régina. Je demeure à Ste-Marie depuis l'âge de 12 ans ( les quatre enfants sommes nés à Laurierville un petit village près de Lyster et Ste-Anastasie). J'ai 39 ans et toutes mes dents. Je suis l'heureuse mère de trois enfants: Marie, 20 ans; Félix, 7 ans; Julien, 3 ans. Je suis technicienne de laboratoire et je travaille pour un petit centre de recherche ( BCM Développement ) à Québec. Mon conjoint ( Yvon Landry, comme vous avez pu le constater l'adresse est à son nom) est humoriste. Il travaille pour l'émission de radio La Jungle à Chik FM. Mais ne croyez pas que notre vie est une farce continuelle!!! À la maison, il est sage comme une image. Les présentations étant faites...Je peux vous dire que je suis très fière de faire partie de cette grande famille. J'ai un sentiment d'appartenance très développé. Mon père est décédé à l'âge de 50 ans ( beaucoup trop jeune, il nous manque tellement). C'est de lui que nous vient notre sens de la famille. Il nous a transmis aussi sa passion pour la photographie ( il devait tenir ça de son oncle Hilaire) et pour l'horticulture. Dans la sous-sol de notre maison nous avions une chambre noire et une serre. Que de beaux souvenirs!!!! Malgré son absence, nous avons continué d'être de toutes les fêtes de famille des Carrier où parfois j'ai la chance de jaser avec mes grandes-tantes Bégin (au chalet d'oncle Yvon Carrier ). Ce qui me frappe à chacune de ces rencontres, c'est la chaleur humaine qui se dégage de ces personnes. Le contact est tellement naturel, tellement facile. Grand-maman Régina avait ce don de soi aussi. Je n'ai pas eu la chance de connaître mes arrières-grands-parents Jos et Exélia. Mais grâce à des personnes comme Laurent et Raoul, je les connais mieux. Je connais cette grande famille qui est la mienne. C'est mes racines...Merci encore Laurent et oncle Raoul. Vous êtes des personnes d'une grande richesse et vous nous faites du bien...
À bientôt tout le monde, j'espère vous connaître un peu plus et peut-être qu'un jour on se verra en chair et en os!!!
Hélène Carrier.
(Reçu par courriel le 31 01 1999.)
Ils ne se sont pas plus accupés de moi pour cette raison.
Aimé disait qu'on peut gagner plus d'argent sans aller
à l'école. Il avait un peu raison dans ce temps-là, dans
les années 1950.
Raoul Carrier
Grippe espagnole très probablement.
J'ai de lui une carte mortuaire avec une photo de timbre où il est écrit:
XAVIER CARRIER
Epoux de Célina Bilodeau
Décédé le 12 juillet 1909
A l'âge de 75 ans et 3 mois. (Né en avril 1834).
Veuf de Marie Ferland, il épousa Célina Bilodeau, à St-Isidore, le
5 fév. 1883.
Par Raoul carrier, 9 sept. 1993.
Dans la généalogie de Nicole Carrier faite par l'Institut généalogique
Drouin, la date du mariage d'Ignace Carrier et de Périnne-Genev. Grenet
est le 16 juin 1693, à Lévis.
Jean Carrier, fils de Jean et de Jeanne Dodier de St-Georges, évêché de Xaintes en Saintonge, se maria à Québec, le 14 novembre 1670 à Barbe
Halay, fille de Jean et de Mathurine Vallet, de St-Julien du Coudray,
diocèse de Chartres, Beauce, France.
"Ancêtre direct de Mgr Bourget et du Cardinal Bégin."
Institut Drouin, Dict Nat. des Can Fr. p.225
UNE PETITE POSSEDEE DU DEMON
ANCETRE
D'UNE GRANDE FAMILLE LEVISIENNE
Jean Carrier, l'un de vos ancêtres, était originaire de Saint-
Georges-des Costeaux, en Saintonge. Venu au Pays vers 1665, il prit du service chez les Hospitalières de Québec.(1) A cette époque,ces Dames
hébergeaient une pauvre enfant du nom de Barbe Hallay,fille du premier colon de ce nom,ancêtre d'une famille considérable du comté de Lévis,
qui était possédée du démon. Après bien des démarches et des séances d'exorcisme, Mgr de Laval, alors évêque de Pétrée et vicaire apostolique
de Québec, réussit à chasser de la jeune fille, l'ange infernal.(2) Jean Carrier prit la place. En effet, le 14 novembre 1670 (3), il
épousait la jeune Barbe Halley. Et c'est ainsi que fut fondée la famille
Carrier, l'une des plus nombreuses qui soient au pays.
Bien qu'elle soit surtout concentrée dans le comté de Lévis, la
famille Carrier a débordé sur les comtés de Beauce, Lotbinière, Dorchester, Bellechasse, ainsi qu'à Québec, Montréal, dans le bas du fleuve, le comté de Deux-Montagnes et la vallée du Richelieu.
Institut Drouin, Dictionnaire National des Canadiens Français,
partie historique, Tome III, p. 1455.
(1) D'après les Hospitalières, ce fut chez les Ursulines.
(2) Soeur Françoise Gariepy me confia que Mgr de Laval pratiqua sans
succès ces exorcismes chez le sieur de Giffard. C'est sur ses
conseils qu'on la transféra chez les Hospitalières.
(3)L'arbre généalogique donne le 4 novembre 1670.
Le 3 Août 1993, J'ai contacté les Hospitalières de St-Augustin.
75, des Remparts, Québec. Une religieuse respectable du nom de Soeur
Fr. Gariépy me donna les renseignements suivants. Les faits originaux
sont racontés dans la Vie de Catherine de St-Augustin, par le Père
Ragueneau, Jésuite, qui était le directeur spirituel de Soeur
Catherine qui elle prenait soin de la pauvre Barbe Halley.
Dans cette biographie il est question de la possession diabolique
de Barbe Halley.
Vous trouverez ci-dessous la transcription de ce texte que Soeur Fr. Gariépy a eu le bonté de me fournir.
Je transcris donc ici ce texte à partir d'un exemplaire original de:
La Vie de Mere Catherine de St-Augustin, Religieuse Hospitalière de la
Misericorde de Quebec en la nouvelle-France.
Composé par le Reverend Pere Paul Ragueneau de la Compagnie de IESVS.
Ce livre fut imprimé à Paris chez Florentin Lambert, M. DC. LXXI.
LIVRE TROISIEME
Sa Vie obsedée des Demons, et
possedée de Dieu.
CHAPITRE IV
On luy donne le soin d'une fille possedée.
Vers la fin de l'année 1660, il y avoit à une lieuë de Quebec, chez
Monsieur Giffard Seigneur de Beauport, un certain meûnier que l'on a
soupçonné avec raison d'étre Sorcier & Magicien: Il fut pendu l'année
suivante 1661. à Quebec, pour ses blasphémes horribles qu'il avait
prononcez, & pour avoir profané avec mépris les Sacremens de l'Eglise,
ayant par une conversion simulée abjuré le Huguenotisme à son arrivée
dans le Canada.
C'est à ce malheureux qu'on attribua l'obsession des démons, qui parut
dans une jeune fille de 16. ans nommée Barbe Hallay, Servante dudit
sieur Giffard, & qui dégenera en possession formée dans le mois de
Decembre 1660.
Le lieu de la demeure de cette fille en étoit tellement infesté, que
l'on voyoit les pierres voler de tous côtez, jettées par des mains
invisibles, sans blesser qui que ce soit, quoy qu'elles passassent
au travers d'une vingtaine de personnes , avec un bruit et une force
aussi grande, que si elles eussent été poussées d'un puissant bras.
On y voyoit journellement des bouleversemens & des tintamarres
épouvantables, sans qu'il en parût aucune cause sensible. La seule
fille possédée voyoit les démons qui luy apparoissoient sous diverses
formes d'hommes, de femmes, d'enfans, de bêtes, & de spectres d'enfer;
& qui enfin parlerent par sa bouche, & qui souvent aussi se faisoient entendre d'une voix intelligible, sans qu'ils se servissent des
organes de la possedée.
L'on jugea à propos de faire changer de demeure à cette pauvre fille,
tantôt en une maison, tantôt en une autre; les démons la suivoient
par tout: Enfin on la mit dans une chambre qui joignoit un parloir du
Convent des Religieuses Hospitalieres de Quebec; & l'on crut que
personne ne seroit plus capable de rendre toutes les charitez
necessaires à cette pauvre malade, que la Mere Catherine de saint
Augustin qui étoit toûjours en disposition de soulager les affligez.
en effet elle en eut un soin digne d'un coeur vrayement Chrétien,
& de jour & de nuit. Les démons enrageoient contr'elle des mépris
qu'elle faisoit d'eux, & de ce qu'elle leur arrachoit leur proye,
étant plus forte pour conserver l'innocence de cette fille possédée,
que n'étoit tout l'enfer pour la porter au peché.
Ces malheureux démons ne pouvans pas l'intimider par toutes leurs
menaces, tâcherent de la surprendre par leurs ruses, se transformans
en Anges de lumiere, pour la jetter dans l'illusion.
Fin de la citation.
D'après Soeur Fr. Gariépy, ces fait furent connus de toute la colonie
à l'époque. Les Hospitalières en parlent encore aujourd'hui. Elles
racontent que le meûnier de Monsieur Giffard voulait "épouser" Barbe
Hallay et que cette dernière refusait.
Par Raoul Carrier, 4 août 1993.
"De St-Julien du Coudray, Orléanais, ancêtre direct du cardianl Bégin,
du Dr Chénier, de Pamphile Lemay et de Louis Fréchette."
Institut Drouin, Dict. Nat. des Can. Fr. p. 640.
Sébastien DODIER, fils de Paschale et Julienne Royer, baptisé
le feb 2, 1609, à St-Martin d'Ige, Mortagne, Perche. Venu seul
vers 1632-1636, puis revenu avec sa famille vers 1643.
Passe en france peu après oct 6, 1653. Charpentier.
Epousa Marie BELHOMME.
Jacques DODIER, fils de Fiacre et catherine MELENEL,
de Champaassant, ar. Mamers, ev. Le Mans, Maine. Decede le
NOV 30, 1677 a Beaupre. Epousa Catherine Caron.
Ange DODIER, fils de Jacques et catherine Caron.
Epousa Marguerite Paré
Si jamais, il y a quelque chose d'interessant pour vous la-dedans,
faites-le moi savoir et je chercherai plus de detail.
--___ __ __
| | | | francom/FrancoMedia: Suzanne Limoges 101:166/103
|___ | | | Internet: Suzanne.Limoges%utilisco@albatros.login.qc.caa
Sur le régistre des mariages de St-Isidore, dont l'écriture est
difficilement lisible, j'ai pu déchiffrer ceci:
"Le onze février mil huit cent soixante deux... entre François
Xavier Carrier domicilié en cette paroisse, fils majeur de François
Carrier et de feue Marie-Anne Bégin... Marie Ferland fille mineure
de Pierre Ferland... dans cette paroisse... Jacques Bégin,
de Pierre Ferland, ... quelques-uns ont signé devant nous."
Marie ferlend Flavie Noel
Dulcesime Genest Philomène Roberge
Poulin
----- Original Message -----
From: laurent begin
To: raoul carrier
Sent: Monday, May 17, 1999 5:04 PM
Subject: Un autre Bégin
Salut cousin, j'ai le plaisir de te donner le nom de mon neveu, fils de François Bégin et Linda Bibeau:
Il s'appelle Jean-Simon Bégin et est né le 7 mai 1999 au Centre Hospitalier Beauce -Etchemin de Saint-Georges à 03h32. Il pesait 7 livres et 4 onces, c'est un pas pressé semble-t-il ? Bisoux Laurent
Nommée Georgine par son frère Joseph Bégin.
Il était le frère de Omer qui a marié Rose, soeur d'Ida.
Les deux frères Boutin sont originaires de Armagh dans le comté de
Bellechasse.
Rosilda Bégin et Roger Beaudoin ont fêté leur 40 anniversaire
de mariage en août 1997.
Rosilda Bégin et Raoul Carrier sont les deux petits-enfants choisis pour
porter le panier de fleurs lors des noces d'or
de Joseph Carrier et de Luce Coulombe en 1944 (mariés en 1894).
Cardinal-Archevêque de Québec
----- Original Message -----
From:
To: Raoul Carrier
Sent: jeudi 7 octobre 1999 20:42
Subject: Re: Généalogie des Bégin
Bonjour,
Voici la lignée directe pour le Cardinal Louis-Nazaire Bégin:
1. Jacques Bégin/Anne Meloque, vers 1623, Honfleur
2. Louis Bégin/Jeanne Durand, 15/10/1668, Québec
3. Jean-Baptiste Bégin/M.-Louise Carrier, 23/01/1714, Lauzon
4. Jean-Baptiste Bégin/Marie-Louise Bourassa, 23/11/1739, Lauzon
5. Jean-Baptiste Bégin/Marie-Rose Nolin, 18/04/1763, Lauzon
6. Jean-Baptiste Bégin/Catherine Hallé, 27/10/1788, Lauzon
7 Charles Bégin/Luce Paradis, 22/10/1822, Lauzon
8. Louis-Nazaire Bégin, Cardinal-Archevêque de Québec
Ainsi, à partir de ce qui précède et en comparant la lignée de Régina
Bégin, on constate que le lien de parenté est très lointain. En effet,
le premier ancêtre Bégin commun pour le Cardinal Bégin et pour Régina
Bégin est Louis Bégin marié en 1668 à Jeanne Durand.
Espérant le tout d'une quelconque aide, je vous fais mes salutations!
Richard Bégin
PS Vos données m'intéresseraient grandement.
HTML created by GED2HTML v3.5e-WIN95-UNREGISTERED (Sep 26 1998) on 10/13/99 02:36:19 .