
Voici comment Joséphine Diagneault, autrefois d'Ile-à-la-Crosse en Saskatchewan, fait du sirop de bouleau à chaque printemps.
Le printemps venu,
Joséphine Diagneault constate que le soleil devient plus intense dans le ciel clair. La neige fond et des parcelles de terre apparaissent. Les jours chauds ravivent les arbres.. La sève monte dans les bouleaux et c'est le temps pour Joséphine de fabriquer le doux sirop pour sa famille et ses amis. C'est ce qu'elle attendait et elle était prête.Joséphine dirige
ses petits-enfants. Elle emballe et dispose sur des traîneaux la literie, la tente, de la viande sèche d'orignaux, des poissons fumés et un grand chaudron en fer. Elle embarque dans un des traîneaux avec ses seaux en étain et et tout le gréement que tirent plusieurs de ses petits-enfants. Plusieurs oncles et tantes escortent l'expédition sur le lac jusqu'à la terre ferme.Ils installent le camp
dans une forêt de bouleau. On lève d'abord la grande tente de toile et une chaufferette est placée à l'intérieur. On coupe des branches d'épinettes et on les étend sur la terre gelée. Puis des couvertures artisanales en plumes sont placées sur le lit. Joséphine restera ici pendant une semaine ou plus avec cinq ou six de ses petits-enfants.Avec presque trois quarts
de siècle derrière elle, Joséphine a vu beaucoup d'hivers se changer en printemps. Elle a rarement manqué la chance d'entailler les bouleaux, d'en recueillir la sève et de la faire bouillir pour la transformer en sirop. Elle y est allée la première fois avec sa grand-mère, puis avec sa propre mère, puis avec ses enfants et maintenant avec ses petits-enfants.C'est avec un oeil expérimenté
qu'elle choisit les arbres. Les petits ne produisent pas assez de sève. Les grands sont aussi rejetés, sa préférence étant pour les arbres moyens. Le même arbre n'est jamais entaillé deux ans de suite pour lui donner une chance de récupérer.Les arbres étant choisis
, Joséphine les entaille de biais avec sa hachette, juste sous l'écorce. Elle insère dans chacune des entailles un éclat de bois permettant à la sève de s'égoutter dans les seaux retenus par un bâton de saule ou attachés à l'arbre avec une corde
Les premières années
, les seaux en étain n'étant pas disponibles, Joséphine fabriquait ses récipients avec de l'écorce de bouleau. Elle pliait l'écorce aux extrémités de telle sorte que ces casseaux retenaient bien l'eau. Elle fixait les coins avec des racines de saule et elle les attachait aux arbres.Les enfants sont responsables
de la cueillette de l'eau. Certains arbres donnent plusieurs gallons de sève, alors que d'autres coulent lentement, produisant seulement quelques tasses de liquide. Toute cette eau est transportée au camp où Joséphine la fait s'épaissir dans un grand chaudron au-dessus d'un feu ouvert.L'ébullition de la sève
exige une attention particulière. Un feu bien alimenté est nécessaire pour faire bouillir la sève.. Quarante gallons de sève produisent seulement environ un gallon de sirop. Il faut évaporer l'eau pour condenser le sucre. Si le sirop n'est pas assez épais, il ne se conservera pas et fermentera très probablement. S'il est bouilli trop longtemps, il va cristalliser en sucre. Joséphine sait que le sirop est prêt quand des cristaux de sucre se forment sur les bords extérieurs du chaudron.. Le sirop est alors versé dans d'autres récipients pour le refroidir.Les enfants ont d'autres corvées
à faire quand il n'y a pas de sève à ramasser. Dans les tourbières où la neige est disparue, ils font la cueillette des atocas (canneberges) dont le goût est plus doux à cause du gel de l'hiver. Ils ramassent suffisamment de bois pour chauffer le chaudron toute la journée. Il y a aussi les pièges à lapin à vérifier pour un repas de viande fraîche. Mais lorsque les enfants sont dans le bois au printemps, il y a plein d'endroits à explorer: le travail n'est pas toujours ce qu'il y a de plus important pour eux. Les enfants ne manquent pas leur chance de prendre un peu de tabac dans la tabatière de Joséphine. Ils se cachent dans une clairière pour fumer, faire des plaisanterie ou des espiègleries.Josephine parvient à faire
de trois à quatre gallons de sirop chaque année. Quand la saison des sucres est terminée, ils emballent leurs choses sur les traîneaux et traversent le lac pour retourner sur la petite île où se trouve leur maison.Raoul Carrier, avril1998
Vous pouvez lire la version originale anglaise: Birch Sugaring
From: Galen & Rebecca Kennel |