Germaine ou ( la Mène ), comme ses soeurs et frères l'appellent affectueusement est le septième enfant de cette famile de seize garçons et filles. Née a Saint-Lambert, elle fût baptisée a Breakeyville a cause d'un épais verglas qui obligea son père a choisir l'église la plus rapprochée. Sa tendre enfance se déroule sans histoire si ce n'est que le déménagement vers Saint-Isidore. Elle fait ses études primaires sous la férule de sa soeur Laura, démontrant un goût particulier pour le français. Germaine demeure avec Laura à l'école durant l'hiver, beau temps mauvais temps l'institution demeure ouverte pour y acceuillir la joyeuse marmaille de la Grande Ligne.
La vie de famille chez les Bégin passe par toutes sortes de travaux. Germaine n'est pas tout spécialement portée vers les tâches de la ferme et doit donc aider à nettoyer, frotter, ranger la maison. Elle participe aux foins en "foulant" le voyage sur la charrette craignant a chaque instant que Bérénice ou Thérèse lui piquent les jambes avec leurs fourches. Pas surprenant qu'elle jure de ne jamais épouser un fermier.
D'entente facile elle déteste la "chicane", préférant ricaner en taquinant frères et soeurs. Pas très agile, elle ne réussit pas à apprendre le maniement de la bicyclette malgré tous les cours particuliers que lui prodiguent les gars du rang. Elle se vengera cependant, beaucoup plus tard, au guidons de son tricycle en faisant la course au p'tits jeunes dans les rues de Saint-Etienne ou elle habite toujours en 1996.
Vers l'âge de 12 ou 13 ans elle écrit a son parrain fortuné afin qu'il l'aide financièrement à poursuivre ses études, pas de réponse..., elle va travailler chez les Ursulines de Québec en tentant de poursuivre quelques études. C'est trois ans plus tard qu'elle décroche un emploi comme domestique chez le Dr. Laliberté, un bonhomme très exigeant, qui lui permet une grosse demi-journée de congé par semaine. Lors de ces congés ou certains soirs elle se rend chez sa tante Rosalie pour une rencontre de famille.
Germaine fit la rencontre de son futur mari Armand Boutin alors que celui-ci agissait comme chauffeur pour Roland Sévigny, les " Bons Soirs "
pendant ses fréquentations avec Hélène. C'est le 15 Septembre 1938, sous une pluie battante, qu'ils se promirent fidélité. Le voyage de noces eut lieu aux Etats-Unis. Les deux ans et demi qui suivirent virent la naissance des trois premiers rejetons. C'en est trop et ils décident de faire chambre à part, pas pour longtemps cependant. Il s'écoule alors cinq ans et demi avant qu'un quatrième rejeton s'ajoute à la petite famille puis un autre cinq ans pour la naissance du dernier. Assez c'est assez et on ferme boutique.
Après le décès d'Armand, elle se mérita le surnom de "Veuve Joyeuse". Elle ne laissait jamais paraître ses humeurs. Qui sait, c'est peut-être ça qui harponna son Louis.